Le manque d’entreprises, un frein pour le lancement de logements

Mais même si certaines municipalités arrivent à dénicher des sites, ces projets butent sur un autre problème. Combien de fois avons-nous appris que les avis d’appel d’offres ont été déclarés infructueux ! A Frikat, cent vingt logements des programmes de 2000, de 2006 et 2007 sont en instance de lancement. « Nous avons, après recherches, trouvé le lieu d’implantation de ces logements qui soulageront notre commune, mais ces projets sont confrontés au manque d’entreprises », nous a confié un élu local. Interrogé pourquoi ces entreprises refusaient-elles de postuler à ces projets, notre interlocuteur nous a répondu que le prix du mètre carré bâti n’a pas changé en dépit de l’augmentation des prix des matériaux de construction. « On ne peut pas travailler pour rien », nous a dit un entrepreneur. Pour le moment, les projets de la formule LSP sont les mieux cotés, « l’OPGI a maintenu les anciens prix. Il faudrait revoir les tarifs de 1998 qui ne sont pas lancés à Tizi Ghennif et à M’kira. Dernièrement, l’ouverture des plis a donné pour les projets sus-cités des avis infructueux ». Selon une source proche de l’APC, de Frikat « il vaudrait mieux encourager les gens à construire sur leurs terrains que d’attendre des lustres. A Frikat, toujours, les logements APC/CNEP transférés au social sont toujours squattés ». Abondant dans le même sens, notre source nous a fait savoir que les citoyens ayant bénéficié des aides sociales ont réalisé leurs logements. « C’est une option qui réussit mieux. Il faudra la consolider. Elle viendra à point nommé régler la crise de logement. La tension sur les logements sociaux locatifs va baisser », a conclu cet ex-élu. Il y a lieu de souligner, enfin, que même le logement social locatif n’est pas à la portée des démunis en raison de toutes les charges. Quant à la levée de cet handicap, d’aucuns souhaitent que les pouvoirs publics doivent réfléchir au moyen de compenser cette différence entre le prix réel et celui proposé, en accordant aux entreprises certaines faveurs, telle la diminution d’impôts pour celles qui accepteraient des projets de ce genre, notamment dans les communes déshéritées.

Amar Ouramdane