Ce qui s’est passé à Tizi Ouzou, dans la nuit de mardi, se serait produit à Aïn El Hammam que personne n’aurait crié au scandale tant les divergences qui sont apparues au sein des formations politiques étaient flagrantes. Depuis l’annonce de la date des élections municipales, les candidats ont commencé à se bousculer, non pas pour écarter leurs adversaires mais plutôt pour faire de l’ombre à leurs camarades. De ce fait, les règles du parti ont été foulées et les critères qui président au choix des candidats négligées. Les têtes de liste potentielles se sont multipliées au sein même des formations, au point où des dissensions les ont minées avant l’annonce des listes officielles. Des militants écartés des premières loges montent au créneau et s’opposent à leurs pairs. Cela est valable pour le FFS, RCD, RND et le FLN, depuis déjà une dizaine de jours. Depuis mardi, le mécontentement et la déception ont conduit nombre de militants à menacer de démissionner. Pour certains c’est « le non-respect des listes proposées et non entérinées » alors que « nous les avons confectionnées après des semaines de consultations » nous dit-on. Pour les autres, en dehors du parachutage de quelques candidats, par la direction, c’est la démarche ayant prévalu au recueil des candidatures qui est décriée. Pour le moment, c’est la crainte de voir les partis aller aux élections en rangs dispersés qui prévaut. Ce que les électeurs, en observateurs avertis, n’apprécient nullement. Au contraire, ils affichent leur déception vis-à-vis de ceux en qui ils ont toujours placé leur confiance. La sérénité, nous la retrouvons, par contre du côté de l’ex-Hamas et du PT qui continuent à travailler dans la discrétion. Cette course aux premières loges ne passera pas sans laisser de traces tant la crédibilité de certains est sérieusement entamée. Déçus, certains militants menacent de mener campagne contre leurs formations. Ce qui fait renaître le spectre de l’abstention. Si les états-majors ne font rien pour recoller les morceaux avant la date fatidique du 29 novembre, une surprise de taille attend les Micheletois qui auraient aimé se passer de ces luttes byzantines au moment où ils espèrent un redressement de leur commune.
Nacer B.
