Cauchemar de l’amiante

Dans une déclaration datée du 28 du mois écoulé, l’on peut lire que ce lycée « construit en préfabriqué a une durée de vie déterminée qui est déjà écoulée ». Sans préciser exactement la date d’expiration de l’utilisation de cette structure datant de l’ère coloniale, les auteurs du communiqué soulignent que l’amiante contient des silicates minéraux composé d’agglomérats de fibrilles ayant des propriétés d’incombustibilité et de résistance mécanique chimique et électrique.

La présence de cette substance minérale dénommée « or blanc », jusqu’à la découverte des risques liés à son utilisation, est confirmée d’ailleurs par l’Inspection de l’environnement de la wilaya de Béjaïa depuis quatre ans. Cet organisme étatique, dans une correspondance du 13 décembre 2003 avait notifié que « le lycée de Barbacha figure sur la liste des établissements concernés par le danger de l’amiante ».

« Afin d’éliminer cette substance dangereuse, il y a lieu de prendre attache avec la Direction de l’éducation, seule habilitée à prendre en charge le cas (travaux de désamiantage) » avait mentionné l’Inspection de l’environnement au proviseur de ce lycée.

Le Cnapest qui dénonce le retard des pouvoirs publics dans la prise de mesures pour éradiquer ce danger tirée la sonnette d’alarme sur la probable apparition de maladies graves pouvant atteindre les élèves ainsi que le personnel de cet établissement.

Vingt familles d’enseignants dans cet établissement sont particulièrement exposées puisqu’elles vivent dans des appartements couverts d’amiante. Même si à ce jour on n’a heureusement pas enregistré des cas de maladies, le risque est tout de même grand, du fait que le constructeur du site avait averti de la durée limitée d’utilisation. Il est à souligner que le wali de Béjaïa, lors de sa visite dans cette daïra en 2005, a proposé aux autorités locales d’aller vers la construction d’un nouveau lycée avec les matériaux traditionnels et procéder par la suite à la démolition partielle de l’établissement en préfabriqué. Faute de terrain, la situation est restée en l’état et les usagers de ce lycée « menacé » par l’amiante, continue à vivre le cauchemar. A rappeler aussi que le ministère de l’Education a retenu depuis juillet dernier quelque 700 établissements scolaires à l’échelle nationale concernés par le déflocage ou le désamiantage.

Nadir Touati