Acte de vandalisme ou aléas des temps hostiles ? Peu importe ! Un homme de la stature de Dda l’Mulud Mammeri, grand écrivain et homme de lettres qui a gravé son nom en lettres d’or et de noblesse dans l’histoire contemporaine de notre pays et du combat identitaire berbère, mérite sûrement mieux que le sort qu’on lui a réservé à Sidi Aïch. Inauguré par les membres du Mouvement citoyen durant les évènements du Printemps noir qui a endeuillé la Kabylie, la statue de Dda l’Mulud Mammeri érigée sur la petite placette à côté du cinéma de la ville, qui porte le nom de l’un des dignes enfants de la Kabylie en l’occurrence “Youcef Aliouche” alias “Youcef Abdjaoui”, a vite déserté la mémoire collective des Sidi Aïchoix en général, responsables d’associations et autres acteurs de la scène locale, pour tomber dans les bras de l’ennemi juré des civilisations et peuples à savoir “l’oubli”, qui mène tout droit à l’amnésie et à la négation de soi. En effet depuis longtemps et malgré l’état de dégradation avancée de cette statue, qui risque de disparaître rapidement, personne ne daigne lever le petit doigt pour sa restauration, ce qui aurait été en fin de compte que justice rendue en faveur de ce géant de notre culture nationale et gage de garantie que les hommes et femmes auxquels il a transmis le flambeau ne l’ont jamais oubliée et veilleront à ce que la flamme reste vivace contre vents et marées dans le cœur des hommes et le ciel de Dieu. Est-ce trop demander ?
Arezki Toufouti
