Deuxième jour de paralysie générale

La première journée du débrayage initiée par les lycéens qui ont boudé les bancs de l’établissement à partir de midi, suite à la fermeture des gargotes où la majorité des adolescents se restaurent puisque la cantine du lycée ne fait bénéficier que 400 élèves sur les 1 020 lycéens.

Nous croyons savoir que les autorités concernées ont procédé à la fermeture de ces restaurants de fortune à cause notamment du refus des gargotiers de se conformer à la législation en vigueur, des restos qui activent sans registre du commerce et dans des conditions d’hygiène souvent inadéquates ce qui menace bien entendu la santé des étudiants ; en somme, la réaction des services concernés est fort louable seulement personne n’a pensé aux élèves. Le lycée ne peut pas accueillir tous les élèves vu les capacités d’accueil de la cantine qui est d’à peu près 400 rations.

Les gargotes qui se trouvaient à proximité du lycée sont fermées pour des raisons de conformité, chose qui obligera les élèves externes à se rendre à la ville de la localité située à au moins 2 km du lycée.

Alors que les lycéens ne disposent que d’une seule petite heure (entre 12h et 13h) pour déjeuner. Il est pratiquement impossible de faire le trajet aller et retour et de y trouver le temps de manger en une seule heure. Chose qui a déclenché l’ire des lycéens. A ce propos, un jeune lycéen de Berkouka dira : « Je sors de la maison à 6 heures, pour rejoindre le lycée à temps car le transport n’est assuré qu’aux filles. Imaginez à midi, je ressens comme des crampes à l’estomac, la cantine c’est pour uniquement les filles, la gargote où je m’offre un sandwich est fermée, pour aller jusqu’à la ville, il me faut au moins une heure et demi alors que la reprise est à 13h. Nous n’allons quand même pas jeûner pendant toute l’année, les responsables doivent nous trouver une solution : rouvrir les gargotes ou prévoir un 2e service à la cantine.  » Quant à la 2e journée de grève qui s’est déroulée hier, et qui a totalement paralysé le lycée, puisque les PES ont suivi à 100% le mot d’ordre de grève auquel a appelé le CNAPEST pour faire aboutir les revendications professionnelles du secteur et qu’ils revendiquent depuis belle lurette. Dans une réunion tenue dans la salle des professeurs, les enseignants ont passé en revue encore tous les problèmes de leur secteur. Un professeur visiblement déçu par l’état de toute la corporation relèvera dans un franc parler et fustigera à boulets rouges le n°1 du secteur : « Nous constatons malheureusement que le débat se concentre sur des futilités, à savoir la couleur du tablier alors que le vrai débat est renvoyé aux calendes grecques.

Qui parle aujourd’hui du statut particulier de l’enseignant du régime indumnitaire, des échelons, du retard dans le versement de nos salaires, de notre prime de rendement, des différents rappels, du cas des profs-ingénieurs dégradés, des œuvres sociales qui disposent de l’argent des enseignants comme si c’était le leur, les adjoints de l’éducation, des réformes initiés par le département de l’Education, du logement et de notre pouvoir d’achat ? Voilà les problèmes qu’il faut discuter, voilà le vrai débat et les vraies revendications qu’ils faut faire aboutir quitte à débrayer une semaine. Un mois, une année s’il faut », un autre enseignant parlera de la situation financière des contractuels, des concours et de la régularisation promise pour les réponsables du secteur.

H. T.