« 6 millions de nécessiteux et 6 000 milliardaires »

C’est au musée du Moudjahid de Bouira que Bouabdellah Ghlamallah, ministre des Affaires religieuses et Waqf, s’est étalé sur le mode de fonctionnement du Fonds national de la zakat. En abordant les différents volets de la répartition des dons, le ministre insistera sur le fait que « la mosquée n’est pas seulement un lieu de prière : c’est un endroit où les imams doivent tisser des liens avec les citoyens pour la construction d’une société empreinte de fraternité ». Le discours ponctué de hadiths, M. Ghlamallah mettra l’accent sur le civisme et les relations entre les gens du culte et les différentes administrations. Répertorier les véritables nécessiteux (handicapés, veuves…) et encourager les jeunes pour participer à la création de microentreprise et autre dispositifs telles sont les volontés du ministre pour aider les 6 millions de nécessiteux recensés à travers le territoire national. Pour sa part, le docteur Farès Mesdour de l’université de Blida souhaite que les 6000 milliardaires contribuent davantage à alimenter le fonds de la zakat et espère atteindre pour cette année le chiffre de 100 milliards de centimes. Un vœu qui ne manquera pas de susciter quelques mécontentements dans la salle, à l’exemple de ce vieillard qui s’insurgeait contre le fait qu’il n’était pas considéré par les autorités comme étant dans le besoin et qui suggérait de laisser le fonctionnement de la zakat comme par le passé. Un autre citoyen dans la salle laissera entendre en catimini qu’une partie des fonds récoltés serait destinée aux repentis. Avant de conclure, le ministre exhortera les imams à faire de la mosquée un espace de rapprochement entre les citoyens et apporter de l’aide aux services de sécurité, de la santé et à tout ceux qui contribuent à l’essor de la société. Autrement dit le ministre semble veiller à ne pas commettre le péché qui a provoqué la décennie noire.

Hafidh B.