La paix au bout du fusil

Lorsque le spécialiste de l’islamisme, Gilles Keppels, prédisait il y a cinq ans que le GSPC peut rebondir en Algérie, ce pays-là s’apprêtait à organiser dans sa propre capitale un colloque sur le terrorisme, avec comme arrière-plan l’idée que les maquis ne comptait, alors, au total que 300 terroristes actifs.

Les faits auront démontré, qu’entre 2002 et 2007, les forces combinées de sécurité ont neutralisé plus de 12 000 éléments de serriate sanguinaires, si l’on compte surtout les filières islamistes démantelées suite à des investigations minutieuses. Le nombre de terroristes abattus, durant cette période, dépasserait 800. Et la bête immonde n’est pas encore éradiquée. Bien au contraire, c’est elle qui continue de défier et l’Etat et la société. Les récentes attaques de l’islamisme armé – avec pour l’exemple encore celle d’hier matin, à Naciria, où quatre policiers ont péri en plus de 23 blessés, laissent supposer que les commanditaires du crime veulent démoraliser les citoyens et les forces de l’ordre. La nouvelle stratégie meurtrière de l’ex-GSPC – devenu El Qaïda pour le Maghreb islamique – prend visiblement appui sur les nouvelles recrues – dont certains ne sont que des élargis de la Concorde ou de la Réconciliation nationale – ayant bu encore une fois au nectar de l’islamisme salafiste. Abandonnant – sous les coups de boutoir de l’ANP – ses anciennes méthodes de guérilla, l’ex-GSPC opte maintenant pour des attentats de grande ampleur, donc susceptibles d’être fortement médiatisés, en formant ses kamikazes. Diaboliquement, après tout choc qu’il produit, il escompte la modification de la politique du pays à son profit. Déjà El Djazira lui a fait écho en montrant par le biais d’un pseudo-sondage que le monde arabe est hostile aux forces républicaines. Des forces luttant pour une Algérie de tolérance et de progrès depuis janvier 1992. Pour ces forces-là, la paix ne peut être qu’au bout du fusil. Et comme premier pas vers la réalisation de cet objectif, il y a surtout la résistance sous toutes ses formes à l’intégrisme islamiste.

Salim Haddou