Les différents services des administrations locales à travers le territoire national, en particulier dans les grands centres urbains, auraient reçu, selon notre confrère El Bilad, des instructions pour procéder à des sondages,à l’effet de superviser et de signaler tout mouvement contestataire des citoyens, qui résulterait d’une crainte des pouvoirs publics d’une éventuelle contestation populaire, conséquence de la cherté de la vie et la flambée des prix de première nécessité tel le lait, la semoule,…
Toujours, selon la source de notre confrère, la correspondance porte notamment sur la nécessité de prévenir le moindre écho de la rue et d’en informer des moindres balbutiements qui présagent le déclenchement de mouvement de contestation, en particulier dans les grandes villes. Les récentes augmentations de salaires ne seraient pas d’un grand secours pour rehausser un tant soit peu le pouvoir d’achat, ce qui justifierait les appréhensions, ainsi que la possibilité de porter atteinte à l’ordre publique, tel que ce fut le cas lors des événements de Constantine en 1986, et à Alger en 1988 qui ont abouti à des bouleversements d’ordre politiques, économiques, et sécuritaires qui continuent à ce jour d’ébranler dans ses assises le régime politique et social en Algérie.
Par ailleurs, l’Algérie a connu durant ces dernières années plusieurs mouvements de contestations caractérisés beaucoup plus par un cachet local ou régional, comme c’était le cas en Kabylie (en 2001) et les wilayas du sud du pays, ainsi que d’autres mouvements isolés à travers certaines wilayas qui se sont traduit par des barricades sur les routes ou la visée de certains édifices publics.
La même source annonce que le pouvoir craint à ce que la moindre contestation sociale se transforme en une révolution politique semblable à celle vécue par d’autres pays par le passé, à l’instar des pays de l’est et certains pays soumis à des régimes totalitaires. Certains commentateurs et opposants politiques, ainsi que des syndicalistes autonomes, affirment que « l’Algérie est sur un brasier », à cause du verrouillage du champ politique et de la liberté d’expression,en dehors des rendez-vous électoraux, et aussi de la politique économique menée par le gouvernement qui, par ailleurs, ne trouve pas la parade adéquate pour faire face aux multiples flambées des prix et ne fournit pas d’explications à l’opinion publique quant à l’embellie financière générée par la manne pétrolière qui a atteint un niveau record. Par ailleurs, les mêmes auteurs ajoutent qu’une protestation générale aurait une incidence directe sur la stabilité du pays qui fait face à un défi sécuritaire, avec le recours des groupes terroristes à de nouvelles méthodes de violence à travers les opérations kamikazes.
Les pouvoirs publics viendraient-ils à prendre conscience des profondes lésions du front social ? La grogne des syndicats se faisant de plus en plus sentir, suite à la dégradation effrénée du pouvoir d’achat,… la démission du mouvement associatif et des partis politiques pour contenir et canaliser la colère citoyenne sont autant d’éléments qui favoriseront l’anarchie et le désordre au sein des pans de la société.
A. K.
