l Le port de Béjaïa a été choisi, avec celui de Djendjen, pour être intégré dans le projet des » autoroutes de la mer » reliant le sud et l’est de la Méditerranée avec l’Europe. Le projet vise à renforcer les potentialités du transport maritime intermodal, par la mise en place de services innovants en améliorant ses axes et ses schémas.
L’Entreprise portuaire de Béjaïa vient d’ailleurs d’organiser un séminaire spécialement dédié à cette thématique. Il en est ressorti que le port se doit, dans un terme proche, de renforcer ses équipements de manutention, développer des zones d’entreposage extra-portuaires et développer de nouveaux partenariat pour se maintenir sur ce nouveau cap. C’est là la principale perspective annoncée par Rabah Moussaoui, qui a convié mercredi la presse à un bilan de fin d’année. Le P-DG de l’EPB note au chapitre des satisfactions l’ouverture par Iscomar et SNCM de deux nouvelles lignes régulières (sur Valence et Sète), le maintien des certifications ISO 9001 et 14001, et l’intégration de la gestion de la santé et de la sécurité du travail dans un nouveau système de management.
Plus concret, le port a augmenté de 30% sa productivité en passant de 532,45 à 673,72 tonnes par équipe et par shift (vacation horaire). Sa filiale singhalaise, BMT, aura traité, le long de l’année qui vient de s’écouler, 100. 050 EVP (Equivalent vingt pieds) contre 75 212 conteneurs en 2006. Le port de Béjaïa demeure deuxième national en volume de fret et leader si on incluait l’exportation des hydrocarbures.
Tout baigne donc au port ? Non, des contingences, qui échappent le plus généralement à la stricte compétence de l’EPB, font peser de lourdes hypothèques sur le développement du port.
M. Moussaoui s’angoisse ainsi des conséquences de l’ouverture de l’autoroute Est-Ouest qui pourrait laisser Béjaïa en rade des flux d’échanges terrestres en bouleversant toute la proximité actuelle. Il plaide pour la programmation urgente d’une pénétrante sur Béjaïa d’où il arrive que 1500 camions de 20 tonnes sortent journellement du port. Ne se faisant néanmoins pas trop d’illusions, il entend doter l’EPB d’un port sec aux portes d’Alger qui viendra s’ajouter à un autre similaire et, semble-t-il, bien avancé, à Ighil-Oubrouaq. BMT et l’armateur CMA ont de leurs côtés conclu des conventions avec la SNTF pour le convoyage du fret sur plusieurs régions du Centre et de l’est du pays. Les pouvoirs publics ne semblent d’autre part pas très pressés de lancer les travaux d’extension du port ni de régler les simples problèmes de circulation des alentours.
M. Bessa
