Des logements de fonction à l’abandon

Au moment où les responsables du secteur de l’habitat ne cesse d’annoncer des programme tous azimuts, afin, dit-on, d’éponger le déficit en matière de logement, des habitations réalisées depuis déjà plusieurs années, au compte du contribuable, demeurent abandonnées, en butte aux aléas du temps. En effet, à en croire les chiffres que nous avons pu recueillir auprès des services, pas moins de 725 logements de fonction répartis sur l’ensemble du territoire de la wilaya de Bouira sont dans l’attente de voir leur situation régularisée. Ces habitations, otages d’une situation pour le moins inédite, restent inexploitées dans le cas où ils n’attisent pas les appétits d’apprentis squatters, lesquels profite de l’absence de rigueur pour accaparer les biens de l’Etat. Notons que la plupart de ces logements ont été réalisés voici déjà plusieurs années, et ce dans le cadre des fameux programmes APC/CNEP et autres formules en vogue à l’époque. Cependant, et vu l’apparition de certains blocages et difficultés pour la distribution des logements ayant mis à mal plusieurs Assemblées municipales, la parade a été trouvée par les autorités de la wilaya. Ainsi, et en plus de la centralisation du pouvoir de décision en ce qui concerne la distribution des logements dits sociaux, il y a l’initiative du rachat de ces logements auprès de la CNEP qui a été prise il y a de cela quelques temps par la wilaya de Bouira au profit des fonctionnaire publics qu’elle compte dans ses différents services. Entre temps, des problèmes de régularisation auraient surgi, cela même qui a bloqué la procédure de cession.

C’est ainsi que la propriété, officiellement établie, n’a pas encore vu le jour et les autorités locales tergiversent devant un état de fait qui donne une image des plus lamentables de ces infrastructures censées abriter des familles qui demeurent dans l’attente d’un toit hypothétique. La dégradation de ces logements voués à l’abandon pour la plupart est un autre fait imposant une réflexion, surtout que le laisser-aller dans cette affaire ne cesse d’attiser la convoitise de certains citoyens demandeurs de logements ou tout simplement privés de toit. C’est le cas entre autres de la cité des 42 Logements de la localité de Bouaklane à M’chedallah, lesquels sont laissés en jachère depuis déjà plus de 10 ans, et qui ont fait objet de squat il y a de cela presque une année. Certes, des actions en justice ont été engagées par les services de l’APC, à l’encontre de ces squatters, mais sans que cela ne donne un résultat palpable puisque l’on semble adopter la position du wait and see. Cela dit, les responsables concernés doivent prendre les mesures adéquates pour libérer ses logements de l’emprise bureaucratique et permettre leur occupation par des fonctionnaires pour lesquels l’attente n’a que trop durée. D’autre part, il ne faut pas du tout oublier le sort des citoyens demandeurs de logements – pour certains depuis plus de 15 ans – Une régularisation de ces logements ne peut-être que bénéfique.

Juba D.