l Le directeur général de Citibank Algeria a tenu à assurer, hier, que la crise des prêts hypothécaires à haut risque (subprime), qui a provoqué de grandes pertes financières à la banque américaine Citigroup, la banque mère, n’a pas « d’impact » sur sa succursale en Algérie, en l’occurrence, Citibank.
Le patron de Citibank Algeria a affirmé lors d’une conférence de presse que « la crise des subprimes est spécifique au marché américain. Et nous poursuivons normalement notre activité en Algérie », et d’enchaîner : « Il n’y a aucune ambiguité sur ce point ».
Pour confirmer ses propos, M. Driss a indiqué que « le signal le plus important » est la mise en exécution toute récente par Citibank Algeria de sa décision de relèver son capital à un montant de 8,8 milliards DA alors qu’il était de 3,6 milliards DA en 2007, soit une hausse de 5,2 milliards de DA.
Interrogé sur le report du processus de privatisation du Crédit Populaire d’Algérie, M. Driss a souligné que le retrait de Citibank (une des 6 banques préqualifiées) de cette opération s’explique par la crise des subprimes qui s’est traduite par de grosses pertes financières au groupe bancaire Citigroup et la démission de son P-DG.
Sur la base de ces nouvelles données défavorables, la banque-mère a alors informé les autorités algériennes que »cette situation ne permettait plus de continuer » dans le processus de privatisation du CPA, a-t-il regretté. En abordant la question de l’augmentation du capital de sa banque, M. Driss a laissé entendre que ce relèvement s’inscrit dans sa stratégie de promouvoir les activités de ses clients et confirme son « engagement » à accompagner de grands projets de développement en Algérie.
Quant aux perspectives de développement de cette banque, il a avancé que son réseau devra être renforcé avec l’ouverture de 2 nouvelles agences dans les grands centres urbains en 2008 et 2 autres en 2009.
Commerce-soldes
Devant cette situation de crise financière, l’élément fondamental à rappeler quand il s’agit de » calculs » algériens, c’est que les décideurs en Algérie ont toujours tenu à élaborer les différentes lois de finances sur la base d’un baril de pétrole à 19 dollars, même quand ce prix a caracolé, comme ces derniers temps, à des niveaux très élevés. En plus, si les places financières mondiales paniquent, rien ne montre que la récession que les puissants de ce monde redoutent, touche l’Algérie. La décision de Bush d’intervenir dans l’économie américaine avec 150 milliards de dollars sous forme de plan de relance pourrait freiner la récession et booster l’économie. C’est l’avis de certains économistes qui évoquent le cas de la Chine quand il s’agit de prévoir » une redistribution des cartes dans le monde « . Ils notent en effet que » la Chine pourrait avoir de gros problèmes parceque les Etats-Unis sont son plus gros marché « . Des spécialistes financiers rappellent » le lien étroit qui existe entre les différentes places financières du monde et cet effet de contagion qu’il provoque, en plus du lien qu’ont ces places avec les banques internationales, d’où la crise des subprimes et ses conséquences sur l’économie mondiale « .
Nacer Ould Mammar
