A soixante ans, elle reprend le chemin de l’école

Comme une trentaine d’autres femmes, elle s’initie aux mathématiques et langues au niveau de la Maison de jeunes de Aïn El Hammam. Initiés par la DJS de la wilaya, les cours d’alphabétisation dispensés, depuis le début du mois de janvier, semblent séduire les adultes, notamment, la gent féminine qui montre un intérêt, particulier, pour les études. En effet, la liste des inscrits fait ressortir que les femmes sont plus intéressées par l’instruction que leurs compagnons. Un seul homme jusqu’à présent s’est montré intéressé par l’école.

Ce qui met les organisateurs face à un dilemme : ils ne peuvent raisonnablement ni ouvrir une classe uniquement pour cet élève ni inclure ce dernier dans celle des femmes. Quant à cette « école des adultes », dont les moyens didactiques et humains sont pris en charge par l’office de lutte contre l’analphabétisme et l’enseignement des adultes elle reçoit cette année, des élèves du niveau I qui doivent suivre un programme de 288 heures maths et langues), répartis sur neuf mois pour prétendre accéder au palier supérieur, c’est à dire le niveau II.

Ce n’est qu’au bout de dix-huit mois que les inscrits arriveront à la fin du « cursus », après avoir atteint le troisième niveau et suivi près de six cents heures de cours. Dès lors des questions sont posées par les observateurs.

Cet engouement manifesté par les femmes dont le nombre, nous dit-on, « va en augmentant » demeurera-t-il intact jusqu’à la fin ? Divisées entre leur devoir de mères de famille et le désir de s’instruire, ces dames auront-elles assez de volonté pour ménager la chèvre et le choux ? Nous sommes tentés de croire qu’elles ne lâcheront pas car le courage dont elles font preuve, pour braver les difficultés est à lui seul un gage de réussite.

Nacer B.