Les travaux d’adduction sont déjà lancés dans certaines localités. Certes, ce projet d’utilité publique nécessite de transiter par des terres appartenant à des citoyens de toute la région, mais nombreux sont ceux qui ne savent quoi faire. A titre d’exemple, à Mechtras où nous nous sommes rendus en compagnie de certains d’entre eux, il nous a été donné de constater les tracés déjà effectués. En principe, les travaux de terrassement et de réalisation des conduites vont être lancés incessamment. En lieu-dit Oufernane, une propriété appartenant à la famille Cheballah, et autres riverains, une oliveraie entière est prévue pour être déracinée. « Nous sommes les propriétaires de ces terres. Personne ne nous a convoqués pour avoir notre avis sur les tracés et être informés. Les lois qui régissent les indemnisations sont bafouées », nous dira en colère, A. Cheballah, avant d’ajouter : « Il n’y a pas seulement les terres mais aussi les oliviers. Ce sont des arbres. Du jour au lendemain, on décidé de les décimer sans nous aviser. Et puis, je ne sais pas pourquoi ils nous prennent une largeur de vingt cinq mètres. Moi personnellement, je vais perdre neuf oliviers. Juste devant ma parcelle, mon oncle en perdra plus d’une dizaine ». Au moment où ce citoyen nous faisait part de ses inquiétudes, un autre intervenant est venu nous apprendre que tous ses oliviers au nombre de vingt-sept arbres seront coupés et il n’a pas été informé. Ces mécontents affirment que ces tracés sont faits à leur insu. « Même si on nous indemnisait, il faudrait des négociations. Parce qu’il n’y a pas seulement ces terrains, mais aussi cette richesse (les oliviers). C’est aussi une richesse culturelle. Vingt cinq mètres pour réaliser une conduite d’adduction potable ! », s’exclame M. Cheballah. Et de dire sur un ton ironique : « On dirait que c’est le tracé pour l’autoroute Est-Ouest ». Comme cet interlocuteur, d’autres se trouvent dans la même situation. « Il serait temps de nous convoquer avant de lancer les travaux, sinon les blocages sont attendus ». Les personnes concernées ne sont pas contre le passage de ce projet, mais elles veulent qu’elles soient concertées et que les indemnisations soient équitables.
« Ces terres sont viabilisées. Le prix du mètre carré doit être calculé en prenant en compte tous ces paramètres », a conclu notre premier interlocuteur. Ce projet, qui alimentera des milliers de citoyens, va-t-il arriver à bon port ? se demande-t-on.
Amar Ouramdane
