Les prix des matériaux de construction ont connu une forte hausse ces derniers mois. Une situation due, tout particulièrement, à la flambée des prix du ciment et du rond à béton. En effet, le quintal du rond à béton est cédé à près de 8 000 DA au prix du gros, le sac du ciment de 50kg a dépassé les 450 DA l’unité. A cet effet, l’Union générale des entrepreneurs algériens (UGEA) avait tiré la sonnette d’alarme, le 9 mars dernier, concernant cette hausse qui a atteint 30 % depuis janvier de l’année en cours, voire, jusqu’à 50% pour les agrégats et le bitume. Ces hausses (ciment et rond à béton) qui se situent entre 20% et 30%, induisent un surcoût de 300 000 DA en moyenne pour chaque logement. La facture est également très lourde, en ce qui concerne le bois et le plâtre, qui ont augmenté, mettant en péril les futurs projet dans le bâtiment et les travaux public.
De ce fait, les constructeurs individuels sont touchés de plein fouet par la flambée générale des prix des matériaux de construction, et ce, contrairement aux entreprises qui s’approvisionnent directement auprès des fabricants, alors que les particuliers achètent auprès des détaillants qui, parfois, trichent sur les prix et les quantités.
D’ailleurs, les grands chantiers d’infrastructures dans les chemins de fer et les travaux publics continuent de fonctionner et ne semblent pas particulièrement affectés. Les entreprises chargées de la réalisation de ces grands projets s’approvisionnent à l’avance, c’est-à-dire avant le démarrage des travaux, en quantités nécessaires de ciments, de ronds à béton, de bois, granulats et autres matériaux de construction, selon le journal électronique toutsurlalgerie. com.
D’autre part, les entrepreneurs, qui redoutent de réaliser à perte, estiment qu’il est impératif pour le gouvernement de prendre en charge cette hausse des prix des matériaux de construction à travers un plan d’accompagnement, à même de réduire les factures de ces produits et par là même d’éviter le retard dans la réalisation des projets déjà en chantier, ou accepter l’augmentation du prix du m2 des logements soutenus par l’Etat et dont les prix sont fixées par ce dernier.
De leur côté, les importateurs de rond à béton accusent les spéculateurs d’être à l’origine de la tension actuelle sur le marché du rond à béton. » Il y a quatre spéculateurs qui règnent sur le marché national. Ils font la pluie et le beau temps sur le marché. Ils augmentent et baissent les prix comme ils veulent, ces spéculateurs sont connus de tous. Les importateurs travaillent avec eux, les détaillants, les grossistes « , a affirmé un importateur de rond à béton qui a requis l’anonymat.
Pour sa part, le ministre de l’Habitat et l’Urbanisme, Nouredine Moussa a accusé mercredi dernier à M’sila les spéculateurs d’être à l’origine de la flambée générale des prix des matériaux de construction. Toutefois, le ministre n’a pas annoncé de mesures pour mettre fin à l’activité de ces spéculateurs, par contre il a affirmé que » Le dossier de l’augmentation des prix du ciment et du rond à béton est au niveau du gouvernement « . Nous allons évaluer la situation lors du prochain conseil ministériel « , a-t-il précisé.
Lemya Ouchenir
