Les enseignants sommés d’arrêter la grève

La plainte déposée par le ministère de l’Education nationale contre « les auteurs de l’appel de grève » annoncée par le CNAPEST pour aujourd’hui a concerné sept enseignants dont le procès s’est déroulé, hier à la chambre administrative d’Alger. Le jugement prononcé par défaut, en raison de l’arrivée en retard de l’avocat, somme les enseignants d’annuler leur mouvement de débrayage. M. Lemdani, l’un des enseignants présents à ce procès se demande sur les raisons de convoquer « sept enseignants poursuivis en tant que personnes physiques » et leur demander d’annuler « une décision prise par 55. 000 enseignants ». Il estime qu’aucun enseignant n’est habilité à revenir sur le mot d’ordre de grève qui n’est que « la traduction d’une volonté exprimée par la base dans les assemblées générales des lycées ». Notre interlocuteur dénonce « ces pratiques d’intimidation et de menace que la tutelle brandit à chaque fois pour contenir les revendications légitimes des enseignants « et a rappelé que c’est la deuxième fois que le CNAPEST fait objet de poursuites judiciaires ». Il ajouté que cette réplique du ministère qui vise à « casser l’élan d’un mouvement pacifique porteur de revendications socioprofessionnelles de la corporation des enseignants » ne contribue nullement à « améliorer l’image de l’Algérie qui ne cesse de réaffirmer sa volonté d’ouverture sur le monde et de modernisation ». M. Lemdani nous a informé par ailleurs que le CNAPEST a le droit de faire opposition à cette décision de justice dans un délai n’excédant pas les 10 jours mais après que l’arrêté soit notifié aux concernés. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le ministère de l’Education nationale a confirmé cette décision de jugement en référé déclarant l’annulation de l’appel à la journée de protestation du mardi, et a rappelé qu’il sera tenu d’appliquer les dispositions prévues par la loi en cas de non-respect de cette décision de justice.

H. Hayet