Pour cette occasion, il interprétera les titres de sa nouvelle production, au sein du complexe culturel de l’Etablissement Arts et Culture, où il a animé hier une conférence de presse pour présenter son nouvel album intitulé Sadets, sorti chez » Sono Start « .
L’album contient huit chansons, en langue tamazight et arabe. Des chansons qui puisent leurs thèmes dans le sentimental et le social, et dont les musiques sont très variées : la salsa, le folklore kabyle et même la musique du Golfe, tel que lkaras yaghla, lahlu yerkhes « , Qui lbarah qui lyoum, Taichi dyma, Sbah el kheir à dzayer et bien d’autres. » Je chante le quotidien de la société où je vis. J’écoute tous les genres de musique. Je suis comme une abeille, qui butine toutes les fleurs pour faire du miel. Moi, je m’intéresse à tous les genres de musique pour façonner mon œuvre. Il faut s’ouvrir à toutes les cultures sans pour autant se dépersonnaliser « , explique Rabah Asma. Pour lui » l’artiste représente le miroir de la société. » “J’essaye d’être en harmonie avec mon temps. Je ne suis pas un chanteur engagé ». Explique-t-il. Revenant sur son dernier album, il indique avoir signé un contrat avec Michel Levy pour la production de deux albums pour une période de trois ans son dernier produit en fait partie. Il espère que son travail sera apprécié du public.
Par ailleurs, comme à son habitude Rabah Asma répond aux questions avec franchise et spontanéité et il n’a pas manqué de le faire à une question relative à sa participation à la célébration du Printemps berbère qui se déroulera à Paris le 20 avril, il nous a avoué qu’il n’a jamais été sollicité pour participer à cet événement, » en toute franchise on ne m’a pas sollicité pour participer à la célébration du Printemps berbère. Mais si on fait appel à moi je répondrai toujours » présent « . De plus ce cera un honneur pour moi de participer à un tel événement » nous a-t-il expliqué.
Quant à l’impact des grands chantres sur sa carrière, il n’a pas manqué de dire que » les grands chanteurs- kabyles ou autres- tel que Slimane Azzem, El Hadj El Anka, Guerrouabi… sont des monument et les piliers du domaine artistique, et, musical, dans notre pays. Personne ne peut passer à côté. Il faut d’abord avoir l’oreille musicale pour ses gens, mais aussi l’amour de leurs œuvres » a-t-il déclaré. Dans le même contexte et concernant les reprises de chansons des maîtres de la chanson, il a ajouté que » je trouve que la reprise des chansons en elle-même est un hommage pour les œuvres de ces illustre maîtres, un hommage pour ces monuments de la chanson, mais il ne faut pas prendre ces chansons y faire une petite modification, ensuite les signer du nom de l’artiste qui a fait la reprise. Je considère cela du » vol « . C’est malhonnête de faire des reprises sans citer la source. Il faut que les reprises soient faites dans les règles du l’art « .
Notons que Rabah Asma s’est initié à la chanson chez les scouts. Admirateur de Slimane Azzem, Cheikh El Hasnaoui, Lounis Aït Menguellet, Hnifa, Dahmane El Harrachi, Guerrouabi, EL Anka, ainsi que d’autres chanteurs occidentaux et orientaux. A 16 ans il tente en vain, de se frayer un chemin dans le monde musical. Sans se décourager, il part en France et en 1985 il réussit à s’imposer par ses mélodies, un mélange de styles kabyle et marocain. Mais, c’est en 1987 que tout le pays le découvre grâce à son album Ayadhu ou (Le Vent).
Enfin, il est à noter que cet artiste a une voix d’une pureté unique, il est auteur-compositeur de ses chansons, Rabah Asma confirme son talent par son style original et son répertoire harmonieux.
Kafia Aït Allouache
