Les habitants de Timezrit dans la rue

Ce dimanche 6 avril, dès 5h du matin, la commune de Timezrit s’est retrouvé coupée du reste du pays et a renoué avec des barricades dignes des douloureux évènements du Printemps noir.

Au niveau du pont surplombant l’oued Soummam d’énormes tuyaux AEP destinés au projet de Tichy Haf ont été mis en travers du CW 21, enclavant Timezrit et Smaoun alors qu’à l’entrée du CRG, une barricade composée de troncs d’arbres abattus et de pneus en flammes avec leur lot de fumée noire et odeur acre enpoisonnant l’atmosphère.

A quelques pas de là, c’est la barrière du passage à niveau SNTF qui est utilisée comme obstacle. Aucun véhicule ne circulait, des centaines d’écoliers, lycéens, collégiens des établissements situés à la cité Iderakene ont été contraints de retourner à pied chez eux. Au niveau du centre de la cité Iderakene, des centaines de personnes y résidant ont envahi la chaussée et se sont barricadées brandissant des banderoles dénonçant « la marginalisation » et le mépris affiché à leur encontre par les autorités. En effet c’est sur l’air toujours en vogue de Matoub à savoir Aghuru que les habitants ont attendu la venue des élus et du chef de daïra pour leur remettre une plate-forme portant 12 revendications, dont une copie est en notre possession. Parmi ces points, il est demandé et signalé – L’absence totale de revêtement en bitume des artères de la cité qui compte plus de 1 000 âmes et regroupe un lycée, un CEM, un CFPA, une école primaire et Mag Soummam- Un grand retard dans l’achèvement des travaux d’aménagement entamés depuis plus d’une année- L’absence d’espaces verts – Le manque d’infrastructures de loisirs, tels un centre culturel, bibliothèque, aires de jeu, laissant de ce fait les jeunes dans l’oisiveté et livrés à eux-mêmes. L’insécurité qui règne la nuit d’où la profilation de tous les fléaux tels que drogue, alcoolisme, vols et banditisme et ce malgré la proximité d’un commissariat, d’une brigade de gendarmerie et d’un cantonnement de la Garde communale. Absence de cabinets de médecins privés, le centre de santé réduit à une unité de soins par manque de matériels en adéquation. Le manque d’hygiène : des tas d’ordures où pullulent rats, moustiques et chiens errants cohabitant avec les habitants, l’irrégularité de la distribution de l’eau potable, le manque d’éclairage public malgré l’installation de poteaux destinés à cet effet.

En outre, ils dénoncent l’octroi de logement sociaux aux personnes aisées lesquelles s’enrichissent encore plus en les sous-louant aux véritables nécessiteux à des sommes exorbitantes et enfin l’absence d’antennes administratives tels l’état civil et un bureau de poste. Approchés par nos soins, certains protestataires menacent de recourir à des actions plus musclées si les autorités locales et surtout wilayales ne prennent pas en charge leurs revendications. Seraient-ce les prémices d’un autre printemps ?

B. R.