Les habitants confrontés constamment aux perturbations électriques

La dureté de la vie dans nos montagnes est aggravée encore plus par les services de Sonelgaz, lesquels laissent souvent les habitants des villages ruraux des daïra de Seddouk et de Béni Maouche dans le noir.

Dès que les services météorologiques annoncent du mauvais temps, les montagnards s’affairent à s’approvisionner en bougies pour assurer l’éclairage et en gaz butane pour le chauffage car ils savent pertinemment bien à l’avance et par expérience que le courant électrique sera inévitablement perturbé. Le plus pénalisant pour ces montagnards reste le fait qu’ils soient isolés des villes telles Akbou et Seddouk où il y a des centres d’intérêts économiques et sociaux obligeant Sonelgaz à y rétablir rapidement le courant. En effet par inadvertance ou sciemment, une partie du territoire de Seddouk (Amdoune n’Seddouk), Béni Maouche, Bouhamza et Amalou est servie à partir d’un même réseau. Un réseau constamment perturbé provoquant des pannes et chutes de tension jours et nuits, ce qui endommage les appareils électroménagers pour une clientèle qui paye pourtant rubis sur l’ongle ses factures d’électricité. « En un mois j’ai fait réparer deux fois mon ordinateur pour des sommes faramineuses, l’instabilité du courant a bousillé à deux reprises des pièces maîtresses de l’appareil. Il a fallu que le réparateur me conseille un stabilisateur pour parer aux chutes de tension et un onduleur pour remédier aux coupures intermittentes de courant. Et ce sont bien sûr des frais en plus pour moi », dira Mohamed qui ne décolère pas. Un autre citoyen lui emboîtant le pas, mettra l’accent sur l’ampérage qui est loin d’atteindre chez lui les 220 watts pour un bon fonctionnement des appareils électriques. « Hiver comme été, l’ordinateur reboote fréquemment et la télévision fonctionne entre 18 h et 23h comme un poste radio avec uniquement le son, sans images », se plaint notre interlocuteur. Les habitants de Tibouamouchine, Seddouk, Ouadda, Ighil n’Djber et Seddouk Oufella, faisant partie de la commune de Seddouk se demandent pourquoi ils restent isolés des villes de Seddouk et Takaâts, deux localités pourtant éloignées d’eux d’environ un kilomètre à vol d’oiseau et qui sont bien mieux loties qu’eux en matière d’électricité. Les pouvoirs publics doivent agir vite pour remédier à cette exclusion en les intégrant à la ville de Seddouk comme ils l’étaient auparavant ainsi ils pourront bénéficier d’une énergie électrique fiable. Dans ces bourgades nichées sur les flancs de la montagne d’Achtoug, dès qu’une panne électrique survient, les habitants regardent du côté de Seddouk et des Ath Waghlis pour vérifier si la panne a concerné ces localités dans ce cas de figure le courant sera vite rétabli, mais. Dans le cas contraire ils se résigneront à attendre des heures si ce n’est le lendemain pour un éventuel rétablissement.

L. Beddar