En effet, en hommage aux martyrs de la lutte pour la reconnaissance de la dimension amazighe, un ensemble d’activités ont fait que cette localité, fidèle à ses traditions, vibre au rythme de cette célébration mais aussi adopte les couleurs d’un printemps qui se veut porteur d’espoir, d’autant plus que les activités programmées sont pour la plupart une sorte de brèche sur l’avenir de la Culture amazighe jusque-là confinée dans un véritable mouroir de folklorisation à sens aigu. La semaine culturelle dont le coup d’envoi avait été donné jeudi dernier, 17 du mois en cours, avait commencé par une soirée artistique amusante qui, n’a pas manqué tard dans la nuit de faire vibrer un nombre impressionnant de jeunes venus de toutes les localités limitrophes. Deux autres conférences-débats ont été ainsi tenues conjointement au niveau de la salle de cinéma et du centre culturel Matoub Lounès de Raffour.
La première, étant axée sur le monde de la presse et des libertés, avait été animée par le chroniqueur du quotidien El Watan, Amari Chawki, et la deuxième animée par Saïd Saâdi, l’un des détenus du mouvement d’Avril 1980. Quant à la deuxième journée, vendredi, c’était pratiquement la liesse avec la projection en avant première d’une tournée au niveau de la wilaya du film » Mimezrane » du réalisateur Ali Mouzaoui. Un débat fructueux s’en est suivi et ça n’a pas manqué de rappeler combien les habitudes cinéphiles de nos concitoyens sont toujours vivaces. Il est certes à regretter la qualité de la bande projetée, qui n’était qu’un DVD dont la qualité de l’image était moins bonne par rapport à l’originale, cela étant de la reconnaissance même du réalisateur qui regrettait les fait de l’absence des salles de cinémas répondant aux normes requises, au niveau de la région. D’autre part, la suite du programme ne manque pas de constituer une véritable confluence et un véritable bouillon de culture allant de la poésie, le théâtre, les expositions, le dessin aux lectures croisées et autres dictées en tamazight et qui vont ainsi se poursuivre jusqu’au jeudi 24 avril. D’autre part, des concours sont programmés en plus des déplacements et autres recueillements sur les tombes des militants de la cause amazighe dans la région. Enfin, faut-il encore souligner qu’une pléiade d’activités sera organisée au niveau des différents établissements scolaires de la localité où les élève, notamment les lycéens, vont fêter à leur façon cette date-symbole du combat de plusieurs générations car, comme l’avait si bien dit Ali Mouzaoui lors de la présentation de son film à M’chedallah, « n’était le Mouvement de 1980, et n’était aussi le Mouvement berbériste des années 40 ou autres, nous n’aurions jamais aujourd’hui la chance d’être parmi vous et de parler librement de projets dont la finalité n’est autre que la promotion de notre Culture et notre identité amazighes ».
Juba D.
