Absence de loisirs

Ghandahar commence là où prend fin le marché hebdomadaire de Lakhdaria, en passant par la cité 5-Juillet. une étendue de terre en pente où l’on a implanté deux cités en même temps : celle des 201 et des 250 logements que l’autorité locale a distribués aux bénéficiaires en 2002.

L’appellation Ghandahar, tire son origine d’un « parler pakistanais » qui lui aurait été donnée suite à l’atmosphère de surpeuplement » créé par le recasement dans ce patelin des maisons de fortunes démolies dans le cadre de la suppression de l’habitat précaire.

Là, sur cette crête du nord-sud de Lakhdaria, se dresse Ghandahar avec ses HLM plein la vue, conçus d’un même style architectural, d’une surélévation égale, mais d’espaces intérieurs différents. On y trouve des F2, F3 et F4, les premiers cités varient entre 40, 45 et 50 m2, les loyers qui y sont fixés en fonction de leurs consistances tournent respectivement autour de 1500, 1800 et 2080 DA. Ce programme, que ce soit les 201 où les 250 logements, a été inscrit dans le cadre des orientations portant encouragement du logement social à Lakhdaria, et dont l’OPGI est la réalisatrice.

A la remise des clefs, les lieux ont été dotés de moyens d’accompagnement, notamment l’eau et l’électricité ; par contre, l’installation du gaz naturel selon un locataire serait au stade de la pose et de l’enfouissement de la tuyauterie, mais la prestation de l’ADE, dira cette personne, « n’est pas pour autant des plus parfaites, des ruptures s’enregistrent au quartier en raison de l’usure de l’ancien branchement ». Ceci n’est pas le seul désagrément que connaît Ghandalou car non seulement les allées intérieures ne sont pas bitumées mais l’accès principal menant vers toute la cité s’est affaissé lors des dernières pluies qui se sont déversées sur l’ouest de Bouira. Fort heureusement, l’APC a illico presto réhabilité l’autre chemin existant derrière les immeubles. Ce contournement a permis au moins aux résidents d’accéder à leur demeure en marchant, en attendant que soit réaménagé l’accès principal. Aussi, les 4 500 à 5 000 personnes qui résident à Ghandahar, auxquelles on peut ajouter le déplacement des élèves inscrits à l’école primaire et le CEM implantés dans la zone, ont incité à l’ouverture d’activités commerciales, notamment les alimentations générales, et un café maure.

Ghandahar, où les 450 logements — par son nom officiel —, habitée par autant de monde et recevant d’affluentes visites, ne comprend en son sein ni aire de jeu ni stade et encore moins ne serait-ce qu’une salle de loisirs, lequel manque se fait grandement ressentir par les jeunes, lesquels se demandent pourquoi de simples terrassements de surfaces planes qui ne coûteraient pas les yeux de la tête, et où ils pourraient organiser des activités sportives, tardent à se réaliser. Sur ce point mon interlocuteur dira : « En fin de journée d’études, où des week-ends, les jeunes se regroupent, discutent, mais on sent qu’ils n’apprécient pas ces moments ».

A. Cherif