C’est une affaire de cambriolage d’habitation d’émigré que le tribunal criminel pour la cour de Béjaïa a eu à examiner dans sa première séance d’hiver. A l’encontre des deux prévenus sur lesquels pèsent les accusations de vol avec circonstances aggravantes de nuit, de complicité et d’effraction, le représentant du ministère public a requis la peine maximale, soit 10 ans de prison assortis d’une amende d’un million de DA. Après délibérations, le verdict retenu a été de 7 ans de prison pour l’un, de 5 ans pour l’autre et 100 000 DA d’amende pour chacun des deux.
Les faits qui se sont déroulés à Idriss dans la commune de Taskriout à une quarantaine de km à l’est de Béjaïa, remontent à la nuit du 6 août 2006 lorsque, vers une heure du matin, alors que le propriétaire de la maison, venu de France pour des vacances dans son village, se trouve à la plage de Melbou, les deux accusés K. M., 26 ans et Y. A., 28 ans, se sont introduits dans la maison en ouvrant la porte de l’extérieur à l’aide d’un passe-partout et ont mis à sac les objets qui se trouvent dans les armoires dont ils ont cassé les portes. A titre indicatif, l’accusation note la disparition d’une caméra de marque Sony, de bijoux, d’effets vestimentaires et d’une somme d’argent. De retour à la maison, constatant le vol dont il a été victime, l’émigré dépose plainte contre X et retourne en France à la fin de son congé. Les deux accusés M. A., et Y. A., avaient conclu l’accord, indique le magistrat du parquet de se partager le butin. Mais comme dix mois plus tard, le 15 juin 2007, précise encore l’accusation, K. M., n’avait, hormis 2000 DA, rien reçu de son complice malgré son insistance, décide de se venger de celui-ci en dénonçant leur forfait à la gendarmerie, mais en s’y attribuant, bien entendu, un rôle tout à fait mineur, celui d’accompagnateur de Y. A., dans le vol.
A cette accusation du parquet, ses deux avocats qui nient de bout en tout les faits qui lui sont reprochés, oppose l’argument selon lequel leur mandat K. M., a fait cette déclaration à la gendarmerie alors qu’il était dans un état second suite à ce que Y. T., parent de la victime, lui a fait boire dans un liquide qu’il lui a fait passer pour de la limonade “Pepsi”.
Par ailleurs, ajoute la défense, c’est ce même Y. T., qui a pris K. M., dans sa voiture à la gendarmerie et en cours de route, il lui a même offert, en récompense de la déclaration qu’il fera, de 20 000 DA et d’un portable. “Donc, tonne, l’avocat dans un effet de manche, pourquoi croire l’un et non pas l’autre ?”.
Assurée par trois avocats, deux pour le compte de K. M., et un pour celui de Y. A., la défense qui a surtout mis en avant le fait qu’il n’y a aucune preuve établissant la culpabilité de ses mandants et que tout est construit sur des doutes et des suppositions, a plaidé l’acquittement pur et simple des deux accusés.
B. Mouhoub
