Comme chaque été, l’approvisionnement en eau potable de certaines zones montagneuses se pose. Pourtant cette année, on a cru qu’avec les pluies et les neiges de l’hiver, les villages seraient mieux approvisionnés en eau. En fait, le problème est surtout dû aux moyens d’acheminement du précieux liquide. Ainsi, la pression est souvent faible, des conduites sont vétustes ou alors, les conduites principales n’atteignent pas tous les villages. Résultat : les robinets ne coulent qu’une fois par semaine, deux fois ou alors pas du tout ! Il faut comprendre la frustration, parfois la colère des habitants qui ne comprennent pas qu’ils soient privés d’eau… alors que leur région regorge d’eau ! Disons que cet état ne déplaît pas à tout le monde, notamment les petits malins qui s’improvisent vendeurs d’eau : il suffit d’avoir un fourgon et des barils pour puiser l’eau des sources et les revendre aux montagnards assoiffés !Si les gens nantis peuvent se payer les barils, la plupart n’ont pas les moyens de le faire. Déjà que beaucoup éprouvent des difficultés à nourrir leurs proches, ils hésitent à acheter l’eau. Même si cette eau, dit-on, provint de la montagne et présente une grande pureté ! En attendant que les directions de l’hydraulique règlent les problèmes techniques, c’est encore les femmes qui vont payer la note. Les robinets étant à sec, il faut reprendre le chemin de la fontaine publique. Quand on sait que certaines sources sont éloignées des villages, c’est plusieurs kilomètres qu’il faut parcourir quotidiennement avec des jerricans de vingt litres sur le dos, donc des peines et des souffrances. Des peines qui sont loin des images idylliques des cartes postales, montrant des femmes souriantes, des cruches sur le dos !
S. Aït Larba
