Après la présentation du conférencier et de son parcours de militant, la parole lui fut aussitôt donnée. M. Benchikh a axé son intervention sur le 19 mai, Journée nationale de l’étudiant. Le conférencier est revenu sur la genèse du mouvement des étudiants pendant la révolution en rappelant le combat qu’ont mené Rachid Amara et Taleb Ben Abderahmane et des centaines de leurs camarades étudiants dans la lutte armée pour la libération du pays. Ces étudiants, expliquera-t-il, ont payé très cher leur engagement aux côtés des Moudjahidine puisque la plupart d’entre eux ont été victimes de purges décidées par leurs compagnons de combat en pleine révolution. Les événements d’Avril 80 et ceux de Mai 81, ont été des étapes décisives dans le combat des étudiants pour la reconnaissance de la langue amazighe sur lesquels s’est longuement étalé l’orateur.
Ce dernier est revenu dans les détails sur l’arrestation, puis le jugement et la condamnation de nombreux étudiants du collectif culturel de l’université d’Alger parmi lesquels figuraient Mustapha Bacha, Salah Boukrif, Ali Brahimi, suite à la marche organisée en Mai 81 par les étudiants à Alger. Selon M. Benchikh, les wilayas de Béjaïa et Annaba avaient également connu des mouvements estudiantins. » À Béjaïa, des étudiants sont sortis dans la rue pour protester contre le détournement du projet de l’université dans la wilaya de Jijel, prévu initialement à Béjaïa, tandis qu’à Annaba, il y avait eu des affrontements entre étudiants et islamistes « , precisera-t-il. Évoquant le séminaire d’Iakourène auquel avait pris part Mouloud Mammeri, le conférencier révélera qu’ » il n’a jamais été question de créer le MCB « , réfutant la dénomination » berbère » qui a été donnée à ce mouvement que certains aiment circonscrire à une seule région. » Je préfère mouvement amazigh et non berbère, cette dernière est une honte pour Kateb et les autres militants. Autre précision de taille, le mouvement n’a jamais été régional mais plutôt national « , a-il ajouté. L’ex-détenu ne s’est pas contenté de ces détails combien importants, il s’est également attaqué à quelques partis qui se sont appropriés certaines figures du combat et la lutte pour l’amazighité : « Kamal Amzal appartient au peuple et non pas aux partis politiques « . Par ailleurs, le débat qui s’est ouvert au public présent a été très riche. Parmi toutes les interventions de l’assistance, on retiendra celle concernant l’avis du conférencier sur l’autonomie de la Kabylie.
Il y répondra ainsi : » Je respecte cette idée qui est encore en gestation, mais je n’y adhère pas ».
DJ. M.
