“La privatisation de l’ENMTP est inacceptable”

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C’est dans le but de faire le point sur la situation actuelle des travailleurs de la wilaya de Béjaïa que les membres de l’Union de wilaya de l’UGTA ont tenu une conférence de presse dans leur siège hier matin.

Deux points essentiels ont été à l’ordre du jour : Les conflits et problème actuels ainsi que la suspension des trois syndicalistes congressistes. Côté conflits et problèmes des travailleurs, Fateh Boubalou, SG de l’Union de wilaya a évoqué le processus pour la privatisation de l’ENMTP en déclarant que l’UGTA n’a pas à accepter les privatisations qui ne servent pas les travailleurs. De plus, celle de l’ENMPT est inacceptable puisque le partenaire social n’a pas été associé durant le processus lequel devrait aboutir à un partenariat. A cet effet, le SG de l’Union de wilaya a insisté en déclarant que les privatisations ne doivent pas être un moyen d’ “accaparer” des biens comme cela se fait dans la plupart des cas. Ensuite, c’est le cas de la COGB-La Belle qui a été évoqué. Là, Fatah Boubalou s’est déclaré satisfait du dénouement qu’a connu cette affaire grâce à l’intervention de l’Union de wilaya de l’UGTA de Béjaïa et l’arbitrage de l’Inspection du travail. C’est ainsi qu’un accord a été conclu avec l’employeur, qui a promis de prendre en charge les revendications des travailleurs et de leurs représentants : Une réunion devrait avoir lieu incessamment. C’est pour cela que la reprise du travail a été décidée.

La situation syndicale n’est pas reluisante non plus à l’OPGI de Béjaïa où le DG promet des mesures disciplinaires à l’encontre des délégués de l’entreprise.

De plus, malgré les promesses, les commissions statutaires conventionnelles ne sont toujours pas installées à ce jour : Il n’y a que la commission de…discipline qui fonctionne. Du côté de la Protection civile, le problème de la remise en cause des droits syndicaux persiste toujours puisque les trois syndicalistes suspendus sont dans la même situation.

A Kherrata, la situation dramatique dans laquelle se trouve la Syntex est toujours d’actualité, sans oublier la véritable catastrophe survenue à Aokas puisque l’EPE-Liège a été entièrement calcinée. Toutefois, pour cette dernière entreprise, la tutelle aurait déclaré être prête à trouver des solutions. En attendant, ses travailleurs sont sans salaires depuis cinq mois déjà.

Après le SG de l’Union de wilaya ce sera au tour de Mokhtar Rabouhi, membre du secrétariat de wilaya de faire un “témoignage” sur l’affaire des trois syndicalistes suspendues après le 11ème congrès de l’UGTA, et cela, en présence d’une quinzaine de congressistes invités à la conférence de presse de l’Union de wilaya. Auparavant, le SG de l’Union de wilata s’est montré ferme en donnant la version officielle de l’UGTA et en précisant que les trois syndicalistes suspendus passeront devant le conseil de discipline le plus normalement du monde. Toutefois, la sentence finale reviendra, comme le stipulent les statuts de l’UGTA, à la CEW ( Commission exécutive de wilaya). Fatah Boubalou précisera que la commission de discipline est souveraine et que la Commission exécutive (CEW) statuera sur cette affaire au moment opportun.

Revenant sur la décision de les suspendre, le SG de l’Union de wilaya dira qu’ils n’ont pas été empêchés de s’exprimer et de qualifier le congrès de l’UGTA d’antidémocratique. Il ajoutera qu’avant de quitter le congrées, ils ont essayé de diviser les congrès avant de faire des déclarations à la presse.

Abdelouaheb Khoulalène, membre du CEN et de la FNTA lira d’ailleurs un article de presse en déclarant que les trois syndicalistes suspendus ont parlé au nom de la délégation de Béjaïa et deux autres congressistes, qui ont été cités, ont fait une déclaration pour se démarquer des trois premiers et démentir leurs “propos”. En fait, les concernés ne cessent de déclarer qu’ils n’ont à aucun moment engagé la délégation de Béjaïa, mais qu’ils ont agi à titre individuel. A notre question, le SG de l’Union de wilaya nous dira qu’il n’y a pas eu de démenti de leur part suite aux articles de presse parus.

Toujours pour la même affaire, Abdelouahab Khoulalène déclarera que la désignation des six membres du conseil national s’est faite suite à un consensus. Ce que, justement, les syndicalistes suspendus remettent en cause. A notre question, Abdelouahab Khoulalène reconnaîtra que l’un d’eux s’est porté candidat sans maintenir sa candidature au moment de prendre une décision, c’est à dire, choisir entre le consensus et le vote.

Par ailleurs, Abdelouahab Khoulalène dira : “ Le consensus exprimé sans pression est le stade suprême de la démocratie”.

Le SG de l’Union de wilaya continuera en déclarant que les propos tenus par le SG de l’Union locale d’Amizour n’engagent que leur auteur qui doit les assumer en précisant que les membres du secrétariat ne sont pas engagés. Concernant ceux qu’il soutient, Fatah Boubalou dira : “S’ils continuent sur cette voie, leur cas s’aggravera” avant d’ajouter que le règlement sera appliqué avec fermeté. Il précisera que la décision de les suspendre a été prise suite au rapport de la délégation des congressistes.

Enfin, le SG de l’Union de wilaya terminera en déclarant que l’Union de wilaya de Béjaïa soutient le SG pour sa reconduction à la tête de l’UGTA avant d’inviter les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires afin de concrétiser l’annulation des dettes des APC et de lancer un appel pour injecter les rentrées d’argent dans les entreprises pour la relance de l’économie nationale.

Tarik Amirouchen

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