Des projets du PPDRI non lancés depuis l’année 2007

Le village Aguemoune, parmi les villages les plus importants de la commune de Béni Maouche, a été tiré de l’anonymat par le séisme du 10 novembre 2000, lequel avait endommagé la quasi-totalité des habitations. Cette calamité naturelle a accentué la dureté de la vie des Aguemounis confrontés déjà à l’absence exorbitante d’un cadre de vie décent se traduisant par des manques criants à tous points de vue. Habitat précaire, chômage frappant les personnes de tous âges, loisirs inexistants, ce qui a fait d’ailleurs qu’Aguemoune est devenu un village d’émigration par excellence où l’exode rural est l’unique moyen pour qui veut se sauver de la misère sociale qui désempare et désoriente la population, notamment la masse juvénile. Village du commandant Si Hamimi, les pouvoirs publics lui ont accordé en 2007 un programme d’investissement grandiose pour son développement, seule perspective restante d’ailleurs pour sortir de l’ornière ses habitants. Il s’agit d’un projet de proximité de développement rural intégré comprenant aussi bien des actions collectives qu’individuelles. Cela étant, selon le responsable de la subdivision agricole de Seddouk, tous les projets entrant dans le cadre des actions collectives, comme l’enclavement des terres agricoles, l’AEP et l’assainissement, sont en voie d’achèvement paradoxalement aux actions individuelles qui touchent la création de petites entreprises agricoles par de jeunes chômeurs investissant dans les plantations et l’élevage, là ou aucun projet n’a été lancé pour cause de blocage au niveau de la banque. Il faut dire pour cela que les actions individuelles sont liées à trois sources de financement : le soutien de l’Etat avec 25 %, le concours bancaire et l’apport personnel du promoteur.

Pour atténuer le stress des bénéficiaires de projets attendant désespérément le déblocage du financement bancaire qui tarde à pointer du nez à l’horizon, le directeur de la subdivision agricole de Seddouk informe, je cite : « Les jeunes promoteurs qui peuvent financer leurs projets sans attendre le concours bancaire seront les bienvenus pour retirer les 25 % concernant le soutien de l’Etat que nous leur débloquerons. je cible surtout les agriculteurs qui doivent saisir cette aubaine de la baisse des prix du bétail d’élevage sur les marchés ».

Les jeunes bénéficiaires de projets rencontrés ne savent plus à quel saint se vouer pour que les pouvoirs public se penchent sérieusement sur le problème du financement bancaire rencontré au niveau de la banque qui constitue pour le moment leur seul frein pour mener à bien le lancement du PPDRI dans ce village, disent-ils.

L. Beddar