Des milliards dépensés en pure perte

En effet, cette vague de protestation, a pour origine, selon les informations recueillies auprès des marins, l’état des lieux qui laisse vraiment à désirer avec pour étincelle cette plate-forme (en béton) réalisée à l’aide d’une somme faramineuse pour finir au bout d’un laps de temps par rendre l’âme devant les vagues. « Nous remettons, énergiquement, en cause le travail de l’entreprise réalisatrice du projet et la commission de suivi qui n’ont en aucun cas pris en considération les paramètres de la mise en chantier du plan de réalisation », témoigne M. Saâdane président de l’association locale des pêcheurs et d’ajouter « c’est un travail bâclé sinon comment justifier l’absence de fer dans le béton ? Et quel argument peut-on avancer pour justifier l’installation d’un treuil (remorqueur de barques) en panne à la merci de la rouille qui finira inéluctablement par l’anéantir « ? Dans un rapport adressé au premier responsable de l’APC, le président de l’Association locale des pêcheurs tire la sonnette d’alarme quant à l’état regrettable de cette aire d’échouage, qui a vu le jour en 2005 et continue de se dégrader au point où l’on croit savoir que l’on assiste à sa mort certaine avec la fissuration de la plate-forme, la détérioration du béton, la fissuration du local exigu de l’association, toiture arrachée et risque de son effondrement à tout moment. « Après avoir lancé un grand ouf de soulagement suite à la décision de réalisation dudit port d’échouage, sa concrétisation a été malheureusement entachée d’irrégularités et nous craignons le pire quant à l’injection de la nouvelle enveloppe financière qui vient tout juste d’être allouée », nous dira M. Boudjadja un jeune pêcheur originaire de Souk El Tenine détenteur d’une autorisation d’accostage.

Un projet d’envergure

Selon le témoignage des pêcheurs, qui ont affiché leur grande inquiétude quant à la réalisation du projet-pilote portant l’extension de la plage d’échouage, la réalisation de 6 cases de pêcheurs, l’ouverture d’un accès à la plage sur 1,5 km, la réalisation d’une vingtaine d’unités de pêche avec équipement, d’une fabrique de glace cinq tonnes par jour, d’une chambre froide de 12 m2, un point de vente de matériel et accessoires de pêche, l’acquisition d’un camion frigorifique — 5 tonnes ainsi que la réalisation d’une poissonnerie équipée. Ledit projet doit faire l’objet d’un suivi permanent de la part d’une commission spécialisée « nous exigeons la présence des autorités compétentes avant l’entame des travaux », déclare un autre pêcheur

M. Bouchoucha en l’occurrence rencontré sur les lieux. Si ce projet venait à être concrétisé, il permettra, incontestablement non seulement d’augmenter le taux de production halieutique mais encore offrira de nouvelles opportunités d’emploi au profit de la jeunesse locale dont l’oisiveté fait souvent partie du quotidien. Cette aire d’échouage située en pleine zone rocheuse qui ne permet l’accostage que de deux à trois barques, se retrouve par la force des temps qui courent complètement saturée en raison de son étroitesse et aussi eu égard au nombre de marins pêcheurs pour qui la pêche est un gagne-pain quotidien.

Quant au nouveau projet, une fois réceptionné, il sera largement capable de recevoir des chalutiers, des sardiniers et plus d’une vingtaine d’embarcations de plaisance.

Dans une région où le chômage a atteint son plus haut niveau, cet ambitieux projet dont l’enveloppe budgétaire serait de 32 000 000 (trente deux millions de centimes) (selon nos source), pourrait générer jusqu’à 500 postes d’emploi directs et indirects, en mer et même sur terre.

Cette infrastructure a priori grandiose, réduira, à coup sûr, l’énorme retard que cette région maritime a connu en matière de développement économique et social, cependant, il est plus que jamais recommandé que les autorités locales daignent y mettre le holà.

A bon entendeur.

Rabah Zerrouk