L’agriculture, un secteur à revaloriser

Son relief accidenté, crevasses par-ci, saillies par-là, oueds profonds ailleurs, montagnes partout, détermine sa double vocation de commune pastorale et agricole.

La commune peut, pour peu qu’une réelle volonté existe, développer une agriculture de montagne des plus complétives.

Le constat fait par les citoyens est que les exécutifs qui se sont succédé, depuis l’Indépendance, aux commandes de la commune, n’ont jamais fait du secteur agricole leur priorité.

Au temps du socialisme de la mamelle, on dormait sur ses lauriers en consommant les subventions généreuses de l’Etat et l’on se souciait comme d’une guigne du développement de l’agriculture.

« La Révolution agraire » de ce temps-là appelée de façon humoristique par Tayeb Ikouvach, l’enfant terrible de la région « la révolution à braire » consistait le plus souvent à recevoir gratuitement de l’Etat des ruches pleines, des plants d’arbres fruitiers… et les laisser « périr » inutilement, sans en prendre soin. Le travail de la terre a été tellement dévalorisée que certains ressentent une certaine honte à l’exercer.

Et pourtant tout le monde est d’accord que l’agriculture restera le vrai levain de tout développement durable.

Celui qui a dit que « les deux mamelles de la Kabylie sont l’olivier et le figuier », a tout à fait raison.

Secteur pouvant générer de l’emploi et des richesses, l’agriculture, aujourd’hui, est sous-exploitée à Tifra, pour ne pas dire délaissée.

Plusieurs hectares de terre fertiles sont en jachère et attendent depuis des lustres que des mains volontaires veuillent bien les travailler.

L’on se demande pourquoi, en dépit des quelques commodités accordées dans le cadre du PPDRI, ce secteur reste toujours dans les limbes.

Il est vrai qu’on signale, par-ci, par-là, à travers le territoire de la commune quelques initiatives individuelles allant du défrichement des champs transformés en maquis par le manque d’entretien, au greffage de l’olivier, à l’élevage bovin et ovin, à la promotion de l’apiculture…

Mais ces initiatives restent insuffisantes et marginales, et ne constituent pas ce qu’on l’on peut appeler une vraie dynamique de relance du secteur agricole.

Certains comités de village de leur côté, comprenant l’importance stratégique de ce secteur dans le développement de leur région commencent à parler de conception des PPDRI et à réfléchir à la nomenclature d’action à inscrire dans leurs projets. « Le PPDRI peut être une réponse aux multiples problèmes que rencontrent notre population. Malgré certains inconvénients qu’on nous a signalés (notamment les blocages inhérents aux projets individuels) nous sommes en train de réunir toutes les conditions pour le lancement de ces projets, car on ne le répétera jamais assez qui ne tente rien n’a rien ! », nous déclare Arezki Mouloud, président d’un comité de village. « Notre sécurité alimentaire dépend d’un secteur agricole fort et productif, nous déclare de son côté, Rabah Meksem, le P/APC. « La promotion de l’agriculture fait partie de nos principales préoccupations, nous allons encourager et accompagner toutes les actions tendant à relancer ce secteur ! » ajoute-t-il.

Des responsables, aux simples citoyens, tous sont d’accord sur l’urgence à revaloriser l’agriculture car c’est le seul secteur pour les communautés rurales en mesure de lutter contre le chômage et surtout d’assurer une meilleure sécurité alimentaire.

Boualem B.