« Nous avons l’honneur de venir très respectivement solliciter votre haute bienveillance de nous inscrire sur votre calendrier d’audiences en vue de vous exposer de vive voix notre inquiétude », telle est l’entame de cette lettre. Ils citeront le transfert de certains services administratifs de base vers d’autres destinations, telle l’agence foncière.
A ce propos, nous avons appris qu’au courant de cette semaine, ils seront reçus par le chef du cabinet du premier magistrat de la wilaya.
De son côté, l’association Tharwa n’Draâ El Mizan, n’est pas restée en marge de ce mécontentement caractérisé en adressant une autre correspondance accompagnée de documents portant les chiffres en vue de démonter que ce « glissement » de ces services et autres institutions vers une autre commune est inquiétant.
« Cette situation inquiète au plus haut point et à juste raison la population de Draâ El Mizan, voire même de toute la daïra et de celle de Tizi Gheniff. L’inquiétude de cette population est d’autant plus légitime qu’elle ne s’explique pas par le paradoxe lié à la non prise en considération des facteurs objectifs et déterminants que sont l’importance de la population, la superficie, l’envergure et le nombre des établissements de santé, la compétence territoriale de certains services, DAT, hôpital, agence financière », a écrit le président de ladite association.
A propos de la création d’un EPSP à Boghni, les rédacteurs du document illustrent cette situation en faisant une étude comparative d’établissements relevant de la santé.
Ainsi, les deux daïra de Draâ El Mizan et de Tizi Gheniff totalisent par exemple, une population globale de cent cinquante-six mille quatre cent cinquante-sept habitants contre soixante-dix-huit mille neuf cent soixante-quatre habitants.
Les deux daïras ont quatre polycliniques, trente et une salles de soins, deux maternités, six UDS et une polyclinique en cours de réalisation à Tizi Gheniff alors que la daïra de Boghni n’a que deux polycliniques, quatorze salles de soins et quatre UDS.
Tels sont les chiffres évoqués pour se demander sur quelle base s’est fait ce choix, c’est-à-dire la création de l’EPSP à Boghni.
En outre, ils citent l’éloignement des structures sanitaires périphériques rurales de la ville de Boghni.
Dans cette correspondance, d’autres arguments sont évoquées pour se demander sur l’objectivité de ces « glissements » qu’ils jugent injustifiés.
Finalement, les rédacteurs de ces documents estiment que ces démarches commencent à trouver des échos au niveau des responsables de la wilaya.
L’un d’eux nous a appris qu’un hôtel de finances, dont l’importance n’est pas encore connue, vient d’être accordé à Draâ El Mizan. Est-ce un premier pas quand on sait que Draâ El Mizan prétend devenir une wilaya déléguée ?
Amar Ouramdane
