Le ciment et le fer font du yoyo

Les entraves rencontrées par les auto-constructeurs se diversifient indéfiniment. Ceux qui se sucrent sur leur dos redoublent d’ingéniosité pour, à chaque fois, trouver de nouvelles astuces pour les « délester » de leur argent. Le ciment et le fer, particulièrement rentables, font du yoyo alternativement. Lorsque le prix de l’un descend, celui de l’autre monte, sans jamais se stabiliser. Les prix des matériaux de construction, particulièrement en cette période, ne cessent d’entraver l’avancement des chantiers. Si le ciment a amorcé une relative baisse, l’acier en revanche prend le chemin inverse. Les prix varient suivant les diamètres les plus demandés. Ainsi, le prix du fer de « 06 » est affiché par les revendeurs dépassant les 7 500 dinars le quintal. Or, pour déterminer le poids, point de balance. Celle-ci est remplacée par le nombre de spires (80 spires équivalent à un quintal). Les diamètres de « quatorze » et de « huit » ont atteint les cimes et se négocient respectivement à dix mille et onze mille dinars le quintal. Quant au fer de douze, il ne descend pas à moins de neuf mille dinars. Le prix du ciment qui n’a baissé que de quelques dinars fait toujours l’objet de spéculations. Cédé à huit cent cinquante (850) dinars le quintal, il reste loin de l’objectif fixé par l’Etat, soit deux cent quarante (240) dinars le sac. Les sacs remplis de ciment en vrac sont vendus à 350 dinars pièce mais ne pèsent jamais plus de quarante kilos. Ce qui influe sur les dosages des bétons. Inutile d’insister sur le sable lavé que les camionneurs vous refilent à dix-huit mille dinars le chargement. Là aussi, l’arnaque est flagrante lorsque l’on constate que la benne n’est jamais pleine à ras-bord. Le pauvre constructeur privé, dindon de la farce, est sucé jusqu’à la mœlle.

Non seulement il fait seulement face à des dépenses astronomiques mais aussi il subit le diktat de toute cette mafia sans foi ni loi. Les pouvoirs publics et les organismes de contrôle doivent intervenir pour stabiliser le marché et atténuer, de ce fait, la charge qui pèse sur les auto-constructeurs. Dire qu’avec une aide minime, les représentants de l’Etat crient haut et fort qu’ils ont réalisé des logements. Avec cinquante millions de centimes par habitation, le pauvre constructeur a juste de quoi préparer l’assise de sa construction.

A. O. T.