La Bibliothèque nationale a abrité avant-hier une conférence de presse animée par Abdellah At Ammar, le fils de l’auteur, Messaoud At Ammar, et en présence d’importantes personnalités historiques, comme la grande moudjahida Louisette Ighil Ahriz, et d’autres personnalités du monde culturel. C’est une rencontre dans laquelle le fils du grand écrivain kabyle a tenu à présenter l’ouvrage de son défunt père et qui a été animée par Abdeslam Abdenour, chercheur et spécialiste de la langue amazighe.
L’exploit se veut une continuité et une préservation du patrimoine historique kabyle, mais aussi celui national, puisqu’il revient aux gloires et aux sacrifices consentis par le peuple algérien avant, durant et après la Révolution de Novembre. Par ailleurs, l’ouvrage relate les périodes allant de la naissance du Mouvement national dans l’immigration au déclenchement de la Guerre, à l’Indépendance et à la période post-indépendance. En effet, ce qui caractérise l’ouvrage c’est la spontanéité avec laquelle l’officier a rapporté les faits. Ils sont relatés avec beaucoup de franchise.
La citation précise des évènements, des dates, des noms de lieux et parfois même des heures auxquelles se sont déroulés les évènements. L’ouvrage rompt avec l’hésitation habituelle avec laquelle est appréhendée l’histoire de la guerre de Libération nationale en général et dans la Wilaya III en particulier.
En outre, la forme courante élaborée et soutenue à la fois de la langue utilisée -tamazight – par l’auteur rend encore plus attrayante et captivante la lecture de l’ouvrage. C’est un parfait exemple de transposition du code oral sur le code de l’écrit et c’est ce qui encourage les enseignants de la langue amazighe qui l’exploitent sous forme d’outils d’étude et d’analyses de texte.
Il est constitué de 26 chapitres avec une parfaite continuité au fur et à mesure que se déroule l’évolution des situations et des évènements dans l’espace et dans le temps. Ainsi, des photographies enrichissent le livre où l’on voit l’auteur tantôt au maquis tantôt prononçant des discours pour la libération aux cotés de valeureux colonels, commandants de la Wilaya III. Alors n’hésitez pas à le consulter. Un autre fait marquant l’ouvrage est la langue utilisée. Il est le premier livre écrit en kabyle. La dimension du livre dépasse de loin celle d’un écrit-témoignage en atteignant celle de la restitution à une langue millénaire, la place qui lui sied dans l’usage courant et quotidien d’une langue algérienne.
Maouchi Yahia
