Désigné en mai 2006 à la tête du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du Front de libération nationale, FLN, n’a pas « survécu » au remue-ménage qu’a connu la société depuis bientôt trois ans. c’était hier, que le président de la République a procédé au remaniement de son gouvernement en désignant M. Ahmed Ouyahia à la place de Belkhadem. Le départ de Belkhadem du gouvernement atteste, au grand jour, l’échec de sa politique prônée depuis son investiture au poste de Premier ministre. Alors que les syndicats autonomes investissent les rues, à la recherche d’une oreille attentive, Abdelaziz Belkhadem choisit de participer à une conférence sur le choc des civilisations. Devant une crise sociale des plus aiguës, la politique sociale choisie par Belkhadem n’a rien donné de concret. Grèves, émeutes, harraga, suicides, licenciements… tel est le lot quotidien des Algériens lambda, quand les caisses de l’Etat débordent de dollars. Devant cet état « chaotique » des choses, le Chef du gouvernement a choisi d’exclure davantage les partenaires sociaux de tout dialogue, d’emprisonner les jeunes harragas, d’ester en justice les émeutiers, ou dans les meilleurs des cas, dépêcher son ministre de la Solidarité pour » amadouer » les esprits en colère.
Du côté économique, aucun suivi des gigantesques chantiers qui ont été engagés par le chef de l’Etat. La maigre moisson récoltée de ces projets incombe, en premier lieu, au chef de l’Exécutif, qui a choisi de servir sa politique, « mi-figue, mi-raisin » aux lieu et place de répondre convenablement aux exigences, et de prendre les décisions qui s’imposent en pareilles circonstances. L’échec de Belkhadem du côté politique est irrémédiable.
Il a beau essayer de concilier ses penchants islamistes avec le projet républicain, mais l’alchimie s’est avérée vaine.
M. Mouloudj
