Le village de Tala El Vir abrite par exemple une grotte qui a servi de cache à la résistance qui s’y reposait, soignait ses blessés ou se repliait après une attaque contre l’ennemi pour échapper à son incommensurable machine de guerre.
Ce refuge souterrain long de plusieurs kilomètres a rendu de biens précieux services aux djounouds qui y revenaient après chaque attaque inopinée perpétrée contre la plus grande armée du Pacifique de l’époque.
Cette grotte qui a contribué à la pérennisation de la lutte armée pour la liberté est hélas dans un piètre état en ce moment.
Non seulement elle n’a jamais été restaurée pour mieux supporter le poids des années mais elle est en plus malmenée par les violents tirs d’explosifs d’une mine avoisinante. L’association pour le développement rural n’a eu de cesse à réclamer pour ce lieu un statut digne de son importance historique, mais en vain.
Pour elle, c’est la plus vivante et plus authentique leçon d’histoire qui puisse tenir en haleine les écoliers au lieu de leur prodiguer vainement des connaissances historiques.
Pour elle c’est la plus vivante et plus authentique leçon d’histoire qui puisse tenir en haleine les écoliers au lieu de leur inculquer des connaissances historiques livresques et figées auxquelles ils portent moins d’intérêt.
Le combat de son président,
M. Saâdi Salah, n’a pas pu payer bien qu’il n’ait réussi dans le passé à arracher une stèle symbolisant le sacrifice des martyrs tombés au champ d’honneur. Autres sites à l’abandon, les guérites de l’armée coloniale à Beni Mansour qui n’ont jamais suscité le moindre intérêt des historiens ni des pouvoirs publics.
Ces points de vigie communiquant avec d’autres sur un rayon de plusieurs kilomètres étaient alors comme des tours de contrôle ô combien préconisées par les Zouaves (armée coloniale d’infanterie pour avoir le contrôle total des mouvements des groupes de la résistance traqués sans répit. Pour rappel, ces moyens logistiques faisaient partie de la logique de guerre dont l’ambition était pour l’ennemi de tordre le cou à la Révolution armée, notamment l’insurrection menée par El Mokrani en 1871 puisque c’est d’elle qu’il s’agit.
Depuis l’indépendance à ce jour ces guérîtes sont utilisées en étables par de petits éleveurs d’ovins ou ont servi d’abri de fortune à de nombreuses familles qui n’ont pas eu la chance d’accéder à un toit décent.
Les accrocs de l’histoire redoutent que ces traces, témoins d’une lutte pour la liberté qui a coûté des millions de vies humaines, puissent un jour disparaître et demeurer complètement inconnues des générations nées après l’Indépendance du pays.
L. M.
