Depuis quelques temps, les accotements de la RN 26, reliant la wilaya de Bouira à celle de Béjaïa, sont, mine de rien, en passe de devenir de véritables souks où des camions chargés de légumes ‘’interpellent » les usagers de cette route nationale. Ces derniers, alléchés par les prix proposés, marquent souvent une halte. Chose qui forcément gêne la fluidité de la circulation et crée des embouteillages monstres et, parfois hélas, génère des accidents de la circulation. Installés depuis déjà quelques mois à l’entrée de la localité de Raffour dans la commune de M’chedallah, ces marchands ne se sont pas seulement contentés du trottoir réservé aux piétons et aux automobilistes en cas d’arrêt d’urgence, qu’ils ont transformé en un marché de légumes, mais ils ont même pris possession de l’Abribus qu’ils ont aménagé en une baraque où sont stockés des cageots de légumes divers. Situation qui oblige les chauffeurs de taxi et de fourgons à marquer l’arrêt un peu plus loin, sur une place pas du tout prévue pour les arrêts ou encore au milieu de la chaussée, au mépris du danger. Les voyageurs, eux, sont contraints de patienter à une trentaine de mètres de l’Abribus, à l’entrée de la pompe à essence.
A quelques kilomètres de Raffour, à l’entrée de la localité de Chorfa, le décor est identique, sauf que là les étals sont beaucoup plus nombreux, il y en a partout, notamment à l’entrée de la ville où une dizaine de camions sont stationnés au bord de la route. En l’espace de quelques jours seulement, la place a été littéralement envahie par des marchands, notamment des fermiers venus des localités voisines. Ici, pour arracher sa place ou pour réussir à avoir un bon emplacement, tous les moyens sont bons, comme en témoigne la plaque indiquant la localité de Chorfa se trouvant par terre, probablement arrachée du sol. Certes, le commerce informel a toujours existé dans la wilaya de Bouira, comme partout ailleurs à travers le pays, mais ce phénomène commence peu à peu à prendre de l’ampleur. Le chômage, l’inflation, et l’érosion du pouvoir d’achat des algériens y sont certainement pour quelque chose. Néanmoins, le projet dit des 100 locaux commerciaux à usage professionnel dont ont bénéficié les communes dans le cadre du programme présidentiel, lequel rappelons-le, connaît un retard au niveau de certaines communes de la wilaya de Bouira, pourrait permettre à beaucoup de ces marchands exerçant aux bords des routes d’exercer une activité commerciale réglementée et en toute légalité.
A signaler que dans la commune de Chorfa, 58 locaux commerciaux sont d’ores et déjà prêts et attendent leur attribution. Cette dernière pourrait vraisemblablement intervenir dans les prochaines semaines.
DJ. M.
