C’est en tout cas ce qui semble se produire dans la petite agglomération d’Ahechad, à trois kilomètres de la ville d’Aïn El Hammam.
Pour répondre aux besoins des riverains qui se plaignaient de l’insécurité, l’ancienne APC avait cru bon d’inscrire le projet d’éclairage public de la localité, dans le cadre des PCD 2007.
Une opération applaudie par les habitants et les commerçants, exerçant dans cette petite bourgade d’une dizaine d’habitations, traversée par une route nationale et de surcroît très fréquentée par de nombreux citoyens qui se rendent à l’hôpital. Entre Aïn El Hammam et la structure hospitalière, Ahechad demeure, en quelque sorte, le point noir de tout le tronçon, d’environ trois kilomètres.
Cette partie, ne nécessitant qu’une dizaine de lampadaires, devait donc faire partie de l’extension de l’éclairage de la ville. Ce n’est que depuis quelques jours que l’éclairage a été mis en service, bien que les travaux d’installation des pylônes soient terminés depuis bientôt une année. Entre-temps, la distance à éclairer est réduite de plus de la moitié pour, on ne sait quelles raisons. Sur environ cinq cents mètres, munis de poteaux, initialement, il n’en reste plus qu’une centaine. Il ne subsiste sur le terrain que quatre supports au lieu des neuf « prévus », dans le projet. Le reste a, comme par enchantement, disparu du jour au lendemain.
Que sont-ils devenus ? Il est difficile de s’en faire une idée. Plusieurs questions taraudent l’esprit des citoyens qui n’admettent ni le déplacement des poteaux alors qu’ils avaient une destination bien précise, ni leur vol. Cette dernière thèse qui revient sur les lèvres de certains, ne devrait pas rester impunie si elle s’avérait exacte. On imagine mal qu’un voleur déboulonne une telle masse, en pleine route nationale, sans qu’il y ait des témoins.
Les autorités doivent être éclairées sinon la brèche ainsi ouverte aux abus risque de devenir une habitude.
On ne doit ni délocaliser un projet ni ignorer un vol si minime soit-il. Quant aux habitants de la région Ouest d’Aïn El Hammam, pensant que ce tronçon était acquis, ils attendaient plutôt l’extension de l’éclairage public sur la route menant vers Aït Ailem, Tillilit et les autres villages. Constatant que le matériel mis en place avec les deniers de l’Etat disparaît, les Michelétois sont en droit de se poser des questions quant à l’anarchie qui règne dans le suivi de certains projets qui n’en finissent pas de patiner. Nous avons déjà attiré l’attention sur le problème d’éclairage public au niveau de la Zhun où des dizaines de pylônes munis de lampadaires, attendent un miracle pour que « la lumière soit » et sortir ainsi du noir. Mais à ce rythme, c’est toute la commune qui se retrouvera, un jour, dans les ténèbres.
A. O. T.
