La saison des fêtes est bien installée dans la région des Ath Irathen. Le carrousel incessant des cortèges, derrière la voiture de la mariée bien décorée et bien en vue, emplit les rues chaque week-end. C’est la saison de la joie et de la décontraction, mais également la seule occasion donnée à nos jeunes filles et garçons, de pouvoir danser et s’amuser à l’instar de leurs semblables du monde entier. Les parents aussi se rappellent à ces occasions leurs fraîches années et ne manquent pas d’honorer la fête en exécutant quelques pas de danse. Malgré la forte affluence tout se passe en général très bien, et les incidents sont rares. Dans les villages, ce sont les D-J qui créent l’ambiance. Leur nombre ne cesse de se multiplier et ils font désormais partie du paysage festif. Mais quelques chanteurs se font une place, malgré le prix élevé de la prestation. Un D-J peut animer agréablement une fête jusqu’aux l’aurores à partir de 6000 DA alors que le chanteur le moins connu exige 10 fois plus. Quand la maison ne suffit pas, la place publique du village sert de salle des fêtes, sous l’immense décorum poétique et sublime de la voûte étoilée. Souvent, plusieurs fêtes se passent en même temps et les spectateurs n’ont que l’embarras du choix. En dehors des accointances familiales, on choisit le D-J le plus remuant, et qui sait le mieux accompagner de la voix et du geste les chansons diffusées à hauts décibels. Même la famille de la mariée tient à fêter l’événement. Et cela multiplie d’autant les foyers de réjouissances à travers le village. Le chiffre de dix fêtes par week end n’est pas rare pour les grosses agglomérations, à l’instar d’Azouza, Ait Frah ou Taourirt Mokrane. La tendance à louer une salle se confirme. A Larbaâ Nath Irathen, quatre salles proposent leurs services. Les nouvelles salles « Les Cerisiers » ne désemplissent pas, non seulement pour l’attrait de la nouveauté mais aussi en raison des conditions parfaites d’organisation, d’accueil et de propreté des lieux. Fiançailles, mariages, boums entre copains du lycée, autant d’occasions pour occuper ces lieux agréables. Les dures années vécues par la région n’ont décidément pas altéré le goût de la fête qui est ici un atavisme bien ancré, s’exprimant sans fausse pudeur et, comme pour compenser la morosité du reste de l’année, on y observe parfois une joyeuse démesure.
M. Amarouche
