Des questions qui demeurent posées, des retards cumulés mais aussi des échecs avoués. Voilà grosso modo l’ordre du jour de Abderachid Boukerzaza, porte-parole du gouvernement lors de sa conférence hebdomadaire.
Haragas : A défaut de les prendre en charge, on les met en tôle Le Conseil du gouvernement a proposé un projet de loi modifiant et complétant l’ordonnance n°66/156 du 8 juin 1996 portant code pénal. Cette proposition, émanant du ministre de la Justice, garde des Sceaux, porte sur les modifications du code pénal de 2006. La modernisation du système législatif pour ainsi être en adéquation avec les autres lois algériennes et leur adaptation avec les lois et conventions internationales adoptées et ratifiées par notre pays. Le ministre de la Justice a aussi introduit des amendements concernant la substitution des peines d’emprisonnement par des travaux d’utilité publique avec, bien sûr, l’aval du détenu si toutefois celui-ci est condamné à une peine n’excédant pas 18 mois. Le Conseil du gouvernement a eu aussi à se pencher sur le phénomène de la vente d’organes, autre forme d’esclavagisme. Le porte-parole du gouvernement a souligné aussi, lors de la conférence, que les haragas seront punis par la loi tel que proposé par le garde des Sceaux, à cet effet ce projet de loi intervient pour «réprimer davantage les haragas et leurs passeurs», selon Boukerzaza. Il est à noter que les crimes concernant la dilapidation du patrimoine culturel seront d’une extrême gravité et seront punis sévèrement par la loi et ce, dans le souci de préserver cette richesse. Privatisations : La corde a lâché et on veux prendre le taureau par les cornes 10 ans après le démarrage du processus de privatisation des entreprises, l’économie nationale n’arrive toujours pas à décoller. Bizarre et pourtant ce ne sont pas les investisseurs qui manquent. Le problème réside où exactement ?, la question reste posée, même les sources officielles à savoir le porte-parole du gouvernement M. Boukerzaza, affirme ceci : «On n’a aucun bilan à ce jour. Ahmed Ouyahia a mis en place des ateliers de réflexion pour nous situer et évaluer la situation». M. Boukerzaza, répondant à la question d’un confrère sur les dernières déclarations du Président sur l’échec du gouvernement et de la politique appliquée jusque-là, n’a pas tari d’éloges à l’égard du Président en déclarant «le Président a eu le courage de reconnaître certaines lacunes, pour cela il faut revoir notre copie, chose qui se fait de part le monde». Dans ce cadre justement, le porte-parole du gouvernement a annoncé que sont prévues «une réunion des conseils de participation de l’Etat et le conseil de participation des investissements, mais aussi des commissions interministérielles afin d’assainir ce secteur et lui donner un nouveau souffle». Ajouter à cela que «l’Etat décide d’appliquer de nouvelles mesures pour le transfert des capitaux, revoir les cahiers de charge concernant les partenariats avec les sociétés arabes, notamment pour les projets déjà entamés par ces derniers afin de les achever et les rendent opérationnels». Le gouvernement se démarque aussi pour mettre en place le «droit de préemption» afin de corriger les erreurs du passé à l’image de la vente du groupe Orascom de la cimenterie au groupe français «Lafarge». Le chef du gouvernement a instruit ses ministres pour une prise en charge efficace, de tous ces volets. En somme il est plus qu’urgent de remédier à cette situation de stand by pour que l’économie algérienne prenne enfin son envol.
Lounis Melbouci
