Les bacheliers de Bouira en colère

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Slimane est un jeune bachelier originaire de Bouira qui vient tout juste de décrocher son deuxième baccalauréat en série sciences exactes. Après avoir réussi son premier bac l’an dernier, il s’était inscrit à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou dans la spécialité agronomie. Une spécialité figurant parmi tant d’autres inscrites dans sa fiche de vœux qu’il dit avoir choisie de son propre gré. Une première année passée sans trop de souci à l’université. Inscrit comme candidat libre cette année, il passera son bac pour la deuxième fois consécutive en juin dernier. A l’annonce des résultats, son nom figurait encore une fois parmi les heureux lauréats. Son deuxième bac, Slimane l’arrache avec une moyenne de 11.43/20. Il y a quelques jours, commençaient les préinscriptions universitaires en ligne via le net. Après une longue réflexion, Slimane choisit dix spécialités autorisées qui lui été proposées dans sa fiche de vœux. A sa grande stupéfaction, mercredi dernier, aucun de ces choix de filières n’a été validé.

Il a été plutôt orienté vers la spécialité sciences et techniques, système LMD à l’université de Boumerdès. Ni la spécialité ni encore moins le système ne semblent plaire à Slimane. Lors de son passage à notre bureau ce samedi, il nous confiera qu’il était énormément déçu par cette décision d’orientation qu’il qualifiera de « désorientation ». En fait, c’est un jeune complètement désemparé, ne mâchant pas ces mots, que nous avons accueilli dans notre bureau. A la question de savoir s’il a introduit un recours, il répondra que “la maudite machine”, c’est-à-dire l’ordinateur ne voulait pas valider son recours. “J’ai essayé d’introduire un recours sur Internet mais à chaque fois il m’est signifié que mon recours est non autorisé”, nous a-t-il expliqué. Slimane déclare à présent ne pas savoir à quel saint se vouer. “ Je ne sais pas quoi faire ni à quelle partie je dois m’adresser pour formuler ma réclamation. Tout est flou dans ma tête, et j’ignore quel sort est réservé à mes études”, s’emporte-t-il.

Face à cette situation kafkaïenne, le bachelier affirme ne pas avoir confirmé son inscription, préférant ainsi temporiser. Il convient de signaler qu’une fois le choix arrêté, (« choix imposé », comme le dit notre interlocuteur), par le futur étudiant, ce dernier doit confirmer son inscription et imprimer le document. Interrogé sur son refus de valider le choix de la filière, Slimane dira : “Je ne veux surtout pas qu’on m’impose une filière que je n’ai pas au préalable choisie moi-même. Après tout, C’est mon avenir qui est en jeu et c’est à moi de décider et ce ne sont pas les autres qui décideront à ma place”. Par ailleurs et évoquant le baccalauréat et les notes qu’il avait obtenus à cet examen, Slimane avouera en toute sincérité : “Je ne mérite pas mon bac” et ajoutera que “les notes inscrites dans mon relevé ne reflètent pas réellement mon travail”. Pour lui, il y a eu une exagération dans la notation. Il conclura enfin que “la plupart des candidats cette année ne méritent pas leurs bacs et qu’on leur en a fait cadeau”. Des propos graves mais qui ne peuvent être diffamatoires car émanant de la bouche de notre interlocuteur.

Djamel M.

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