Une attaque kamikaze a ciblé là, vers 7h30, l’une des entrées principales de l’Ecole nationale de la Gendarmerie nationale. Venant de Bordj Ménaiel ou d’un autre village avoisinant, le terroriste kamikaze qui conduisait alors une camionnette de type Hilux piégée a foncé tout droit en direction du poste en question où s’agglutinaient de nombreux postulants au concours d’entrée à ladite institution relevant du ministère de la Défense. Pas moins de 28 jeunes universitaires, nombreux bacheliers pour la plupart, ont péri dans cette attaque à l’explosif, alors qu’ils attendaient leur tour pour s’inscrire dans cette école de gendarmerie. Deux autres véhicules de passage l’un de marque 307 et l’autre de type Clio furent écrabouillés, calcinés avec à leur bord de nombreux passagers. 19 voyageurs en plus du chauffeur d’un bus, traversaient ledit axe en direction de la ville des Genêts ont été également blessés par le souffle de l’explosion. Au moment du drame, les riverains pressentirent qu’il n’y avait aucun espoir de survie pour les personnes qui empruntaient en voiture ou à pied ladite avenue principale. Un silence assourdissant a suivi pendant quelques secondes la forte déflagration. Une épaisse fumée se dégageait du lieu du drame. “J’ai vu à quelques mètres de là, des personnes qui tentaient d’émerger du chaos, alors que de nombreuses autres gisaient baignant dans leur sang sur le sol” témoigne avec tristesse un sexagénaire, celui-ci retiendra l’acte de bravoure de certains rescapés du bus de Tizi-Ouzou qui, le moment de panique passé, s’étaient portés au secours des victimes. (Des rescapés hébétés) Vers 8h, on y voyait là encore un décor de ferraille et de morceaux de chair calcinés. “J’ai vu ces morceaux-là, des tripes de personnes humaines accrochées à un arbre” témoigne un autre jeune. Juste en face, une villa est pratiquement endommagée, trois personnes un homme et son épouse, plus un proche parent y ont été gravement blessé par les éclats des explosifs. “Aujourd’hui donc, ce fut le tour de notre ville”, s’irritent les habitants d’un quartier avoisinant. Il a bien sûr en mémoire, l’horreur qui a frappé, dans des circonstances similaires, pas moins de sept autres villes d’Algérie, depuis l’attentat-suicide contre le Palais du gouvernement, il y a 18 mois. Juste après l’explosion, l’avenue principale des Issers a été systématiquement bloquée. Des embouteillages monstres se sont formés, durant plusieurs heures, sur l’axe Boumerdès – Tizi-Ouzou et vice-versa. Les éléments de la Protection civile ont eu eux-mêmes beaucoup de peine, à avancer parmi les corps calcinés et déchiquetés. Les personnes légèrement touchées furent évacuées vers l’hôpital de Bordj Ménaiel, et les plus graves, sitôt diagnostiquées, ont été transférées, a-t-on signalé vers des structures sanitaires spécialisées.
Salim Haddou
