Les transporteurs de voyageurs à l’heure des cortèges nuptiaux

Grève des transporteurs suivie du mécontentement de la population qui a recouru à la fermeture de plusieurs axes routiers, tel était le décor et la triste situation qu’offrait le secteur du transport des voyageurs à travers plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa il y a quelques temps seulement, chose qui a plongé ce secteur plus que vital pour le citoyen et l’économie locale dans un vrai marécage d’où il est très difficile de sortir quand on connaît notamment le flou qui caractérise le sens des termes « droits » et « devoir des uns des autres ».

D’un côté des transporteurs qui crient sur tous les toits qu’ils sont coincés entre l’enclume des contraintes que leur impose l’administration et le marteau des exigences des citoyens, mais de l’autre côté ces dernier — c’est-à-dire les citoyens — affirment haut et fort qu’ils restent les seules victimes et perdants dans toutes actions de protestation ou rapport de force qui s’engage entre telle ou telle partie. Dans tout ce climat de tension, un tout petit tour à quelques arrêts de bus et fourgons qui desservent les localités environnementales de la ville de Sidi Aïch nous a permis de constater que certains transporteurs, et qui sont très nombreux malheureusement, n’ont pas trouvé mieux que de déserter les lignes pour prendre part aux cérémonies et cortèges nuptiaux qui caractérisent cette période de l’année, et ce au mépris des lois régissant la profession et au grand damne des milliers de citoyens, car en savourant ces journées bien rémunérées et où l’ambiance est garantie nos braves et loyaux transporteurs oublient que des femmes et des hommes parfois du troisième âge mais aussi des enfants en bas âges souffrent le martyr en attendant des heures et des heures durant sous un soleil de plomb et dans des endroits qui n’ont d’arrêts que le nom puisque dépourvus même d’abris-bus, pour qu’en fin de compte un de ces vaisseaux fantômes pointe le bout du nez à l’horizon et là bien sûr c’est l’inévitable bousculade et le « monte qui peut ». Une abominable trouvaille qui vient s’ajouter au tableau déjà sombre en matière de prestations et qualités des services dispensés aux citoyens par les acteurs de ce secteur. Pour cela l’intervention de l’administration mais aussi la constitution d’associations pour défendre le consommateur reste une priorité absolue pour faire comprendre aux uns et aux autres que pour demander ces droits il faut au préalable assumer pleinement ces devoirs.

Arezki Toufouti