Les vacances ? Littérairement parlant, ce mot veut dire : détente, loisirs, défoulement, décompression, etc. Chez nous, ce mot veut dire dépenses, peur, stress, angoisse… Alors, un problème se pose : Comment et où les passer. Déjà sur le côté économique, il faut être « un gymnaste économique » pour gérer son budget pendant cette période estivale. Les commerçants en profitent pour écouler leurs marchandises, parfois avariées, à des prix exorbitants. Les estivants sont toujours arnaqués sur la qualité du produit présenté. Les bourses se « déboursent », les poches se vident, les têtes se remplissent de toutes sortes de bruits : D-J, Klaxons, youyous, insultes, gros mots, etc. Même si on brave ce problème économique le problème sécuritaire surgit. Passer ses vacances où ? Sur ce choix, nous avons interrogé Nabila, une étudiante en économie.
Ecoutons-la : « Choisir son lieu de vacances chez nous est vraiment difficile. Au bord de la mer ? Oui, nos plages, géographiquement parlant, sont attirantes. Mais l’hygiène y laisse à désirer. Des tessons de bouteilles de bière jonchent le sable, des sacs en plastique volent dans tous les sens tels des corbeaux. Et cela sans compter les obscénités qu’on entend partout », ajoute sa copine Karima. Souvent, les jeunes filles, même accompagnées de leur parents, sont blessées par un langage vulgaire. Il n’y a vraiment aucun coin où on peut passer une journée tranquille et reposante. Sommes-nous vraiment dans un pays musulman ? L’Islam admet-il ce genre de comportements? « Franchement, pour moi, dit encore Nabila, je préfère plutôt rester à la maison que de m’aventurer dehors ». Passer ses vacances à la montagne ou en forêt ? C’est encore plus risqué. Ces lieux réputés pour leurs vues, l’air pur, l’ombre, le relief, présentent en effet plus de dangers que la mer. Aujourd’hui, oser passer sa journée dans la forêt ou en montagne, c’est dire adieu à la vie. D’ailleurs peut-on dire que nous avons des forêts ? « Toutes brûlées » ; nous dit encore Nabila. Les seuls bois qui subsistent grouillent de bandits et autres terroristes. Si on n’y laisse pas sa vie, on ne reviendra pas avec ses biens : argent, bijoux… Combien de personnes ont été rackettées, dépossédées de leurs bien dans ces régions ? Alors, autant rester chez soi. Comme le dit si bien le proverbe kabyle : « Reste chez toi, tu aura la vie longue. » Peut-on dire alors que nous sommes en vacances?
M. Aïrouche
