Néanmoins, après le report prononcé, le juge a pris une décision selon laquelle les témoins, parmi eux des gardes communaux, seront ramenés par la force publique, lors de la prochaine audience programmée, pour la session prochaine. Et selon une des avocates des accusés, des éléments nouveaux sont apparus depuis, selon lesquels, entre autres, un témoin aurait déclaré sur l’honneur qu’il avait bel et bien vu la victime et qu’elle est encore vivante.La genèse de ce drame remonte à la fin du mois de juin 2002. Ce jour-là, un appel anonyme signalera une découverte macabre : un cadavre calciné retrouvé dans une décharge, près du douar de Seghirate longeant la RN24 reliant Zemmouri à Boumerdès.Sur les lieux, après examen du cadavre brûlé entièrement, il s’avérera qu’il était de sexe féminin. Au même moment, coïncidant avec cette découverte, un homme se rapprocha des services de police à la recherche de sa fille âgée de 17 ans, sans nouvelles depuis près d’un mois.Cependant, quand on lui présente le cadavre à la morgue de Thénia, ce dernier n’a pu l’identifier vu son état méconnaissable, mais déclare toutefois qu’au cours de ses recherches, il avait pu relever le numéro d’immatriculation d’un véhicule suspect et que tout de même, une certaine fille, appelée El Annabia, serait au courant du lieu où se trouvait sa fille. Par la suite, saisissant le fil d’El Annabia (fille d’un haut gradé de la Gendarmerie nationale) qui vit en concubinage avec d’autres malfrats, l’enquête remonta jusqu’à ces derniers suspects. Après quoi, les témoignages et les aveux qui se sont succédé donneront un scénario digne d’une série noire, dont les détails fournis par El Annabia et son compagnon (H. H.) sont pour le moins tragiques et monstrueux : ces deux derniers plus la victime ont rencontré un certain D. B. F. dans un réduit (un lieu aménagé servant à la débauche et à la prostitution), se trouvant à la cité des 800 Logements dans la ville de Boumerdès, avant qu’ils ne soient rejoints par le dénommé Sofiane, un agent de la police aux environs de 22 h. Ensuite, voulant sans doute abuser de la victime, deux d’entre eux lui feront boire par la force une boisson bourrée de psychotropes et qui s’évanouira au bout de 10 mn, tombant ainsi à la merci de ce gang, sans état d’âme et sans scrupules, qui n’avait pas hésité à commettre un viol collectif. Jusqu’à ce que que la malheureuse succombe et rende l’âme. Constatant son forfait, la bande imagine un échappatoire : le lendemain à l’aube, le cadavre sera transporté à bord d’une Golf, à Seghirate, un douar de Thénia. Une fois sur les lieux, on contrebalança le cadavre dans un égout en jetant par-dessus des pneus pensant que le feu fera le reste. Pis, le surlendemain, de retour sur les lieux du crime et voyant que le cadavre n’était pas totalement consumé, ils l’aspergent d’essence, pour l’incendier une seconde fois. Par conséquent, la chambre d’accusation près la cour de Boumerdès accuse B. N. le policier et B. F. E, arrêtés et poursuivis par ledit tribunal d’atteinte à l’honneur, d’homicide volontaire, de destruction et dissimulation de cadavre.B. N. appelée El Annabia et H. H. qui ont été également arrêtés pour incitation à la débauche et complicité dans la destruction et dissimulation du cadavre et enfin L. A. mis sous contrôle judiciaire pour délit de création de lieu de prostitution et de débauche.
Saïd B.
