Le restaurant ouvert pendant ce mois de ramadhan à la cantine centrale attire de plus en plus de monde. Une heure avant la rupture du jeûne, plus de cent personnes étaient déjà attablées, n’attendant plus que l’appel du muezzin. “Nous avons servi 241 repas pour la journée d’hier”, nous dira un organisateur. Cette année, le financement est à la charge de l’APC, tandis que l’organisation est assurée par le Croissant-Rouge, la logistique étant celle de l’Education. Le service est irréprochable. Trois cuisiniers et quatre femmes, volontaires ou délégués par la mairie, s’affairent dans la cuisine. D’autres bénévoles assurent le service dans la salle. L’aspect des tables, de la vaisselle prouve que les règles d’hygiène sont respectées. Dans la salle, on reconnaît tous les démunis et les laisses-pour-compte de la société qui errent à longueur d’année à travers la ville, mais le restaurant est ouvert à tout le monde. Les ouvriers du chantier de gaz de ville sont là aussi, ainsi que quelques fonctionnaires qui ont rarement l’occasion de s’attabler pour manger dans un restaurant. M. Maouane, élu à l’APC, venu voir si tout se passait bien, confie que le tabou concernant cette sorte de service de bienfaisance est bien tombé. Il avoue avoir été surpris de voir venir des gens qui ne sont pas dans le besoin, mais qui au contraire sont connus pour avoir un revenu stable. Il y’a eu aussi quelques frictions, avec des gens qui sont venus prendre des repas à la maison : “Nous leur demandons d’attendre que le service soit terminé, pour voir s’il y’a un surplus à distribuer”.
Les repas comprennent une chorba qui n’a rien à envier à celle préparée à la maison, un plat et un dessert. M. Meradi et M. Dial, dirigeants du Croissant-Rouge local, veillent au grain. Ils sont bien connus des démunis et de toutes les personnes qui à un moment ou un autre ont pu bénéficier du secours du Croissant-Rouge. Le restaurant rahma est bel et bien entré dans les mœurs ici pendant le mois de ramadhan. Mais les organisateurs du Croissant-Rouge disent que les démunis ont besoin de manger toute l’année. Aussi, lancent-ils un appel à tous les bienfaiteurs et les donateurs de la zakat pour instaurer un secours permanent à toutes les personnes qui ne peuvent pas manger à leur faim.
M. Amarouche
