Après trois journées de violentes émeutes, le calme est revenu au chef-lieu de la commune Ait Yahia Moussa où la population en colère a pris pour cible le cantonnement de l’ANP, qui aurait provoquée des incendies dévastateurs à travers la localité dans la journée du lundi. Le centre du chef-lieu rappelle les scènes vécues à la fin du mois d’avril 2001 où le jeune collégien Hocine Chaibet a été tué. D’ailleurs, la stèle érigée à sa mémoire, sur le bien de son assassinat est noircie par la fumé des pneus qui ont été brûlés au pied du mur d’enceinte du bâtiment servant de casernement à l’armée alors que les fûts et les buses ayant servi de protection jonchent la chaussée. En cet après-midi du jeudi, alors que les palabres continuent entre membres de la délégation chargée de se rendre à Tizi-Ouzoou pour une entrevue avec le wali semblent interminable, quelques jeunes continuent de lancer des pierres sur les fenêtres éventrées des chambres des militaires désertées. Par ailleurs, étaient également sur place pour prêter main forte au P/APC d’Aït Yahia Moussa, des élus FLN en l’occurrence M. Lakhdari, député et mouhafedh ainsi que M. Selmi, élu APW et président de la commission des finances qui ont joué leur rôle d’élus d’autant plus que la population ne voulait pas discuter avec les responsables locaux des pouvoirs locaux tel que le chef de daïra ou quelqu’un d’autre. Malgré l’arrivée d’une unité antiémeute dans l’après-midi du mercredi, cette dernière ne s’est pas déployée, ni intervenue se contentant de dresser son camp à l’intérieur du collège Oudni alors que les véhicule de la police de la sûreté de Draâ El Miizane étaient stationnés aux entrées de l’agglomération que des poteaux électriques de l’éclairage public obstruer. D’autres éléments de la BMPJ étaient au chef-lieu ou à proximité des groupes de jeunes. Le climat était toujours tendu avant le retour de la délégation composée de treize membres, partie à quinze heures trente en direction du siège de la wilaya à bord de fourgons. A 10h, de retour, les membres de la délégation avaient du mal à se rassembler pour donner les résultats de leur entretien avec le premier magistrat de la wilaya. “Nous avons été reçu par le wali de Tizi-Ouzou qui était entouré par presque l’ensemble de son exécutif. Après nous avoir entendu, il nous a assuré que des commissions ont été déjà installées pour non seulement toutes les indemnisations mais qu’il sera procédé au relogement provisoire des citoyens dont les habitations ont été touchées par les incendies mais il y aura également la restitution de l’immeuble occupé par l’armée à l’APC et qu’un programme d’urgence de développement sera lancé en faveur de tous les villages touchés”, nous déclare à la va-vite un membre de la délégation qui se presse en direction de ses camarades qui avaient du mal à convaincre leurs concitoyens de cesser la protestation.
Au demeurant comme nous le rapportions dans notre précédente édition, tous les villages se trouvent au Nord du chef-lieu ont été touchés, à l’exemple d’Afir, Ait Slimane, Bouhrame, sur plus d’une dizaine de kilomètres, le paysage n’est que cendres et désolation. Des dizaines d’hectares d’oliviers centenaires qui portaient leurs fruits annonçant une production prochaine prometteuse continuent encore de se consumer. Il est également à signaler qu’il y a à peine deux années, c’est le chef-lieu qui a été menacé par les flammes. Les membres de l’unité de la Protection civile de Draâ El Mizan en gardent encore de douloureux souvenirs alors que la végétation repousse, signe que la vie continue et continuera malgré tout.
Essaid N’Ait Kaci
