Tamthount au masculin

Décidément Ramadhan n’en finit pas d’étonner par toutes ces « kherdjates » mercantiles qui font le bonheur de quelques jeunes qui l’année durant se tournent les pouces, après avoir solliciter tous les bureaux d’embauche. L’autre jour, alors que nous nous trouvions du côté du marché couvert de l’Ecotec, nos narines ont été agréablement chatouillées par le parfum de galette encore sur le ouskir, cet ustensile traditionnel fait de terre sur lequel on cuit le pain maison (tamthount, l’metlouâ, arakhsas). Dans un premier temps, nous nous sommes dit que ce parfum émanait d’un aghroum frais qu’un jeune vendeur venait de ramener de chez lui. Non, cela ne peut pas être le cas puisque le parfum est celui d’une galette en train de cuire. Nous n’en croyions pas notre nez. Nous décidons de suivre le parfum qui nous conduira devant une boutique fraîchement ouverte. Et là, nous n’en croyions pas nos yeux. Un jeune homme, la trentaine, était occupé, sans complexe, aucun, à malaxer la pâte sur une tapbaqit système D. Cinq ouskir sont sur des fours, dits chapé. Le jeune boulanger bouge comme une abeille. Il ne perd pas son temps. Dès qu’une tamthount ou un arakhsas est cuit, il dépose sur le ouskir une autre pâte aplatie. Sidérée, une vieille femme suit la gymnastique du jeune boulanger. Elle doit sûrement se dire : «Une femme ne ferait pas mieux !». D’autres clients aussi sont étonnés de voir la main d’un argaz dans une pâte n wexxam. Amusé par la mine stupéfaite de la vieille dame, le jeune en rajoute un peu, avant de s’arrêter, d’aller embrasser la bonne vieille hadja sur la tête et de lui avouer qu’il la connaissait et qu’il avait à maintes reprises manger chez elle. Pendant qu’ils échangeaient des souvenirs, l’apprenti du jeune boulanger, son jeune frère sans doute, emballait les galettes à tous ces clients attirés par le parfum et la curiosité.

T. O. A.