Les manœuvres de M6

Ahmed Adghirni, secrétaire général du Parti démocratique amazigh du Maroc (PDAM)

« Nous soutenons la tenue du 5e congrès en Kabylie »

Le SG du PDAM s’exprime dans l’entretien qui suit, sur le conflit eu CMA ainsi que sur l’actualité dans son pays, le Maroc.

La DDK : Vous êtes en Algérie dans le cadre des préparatifs de la tenue du 5e Congrès du CMA, premièrement pouvez-vous nous présenter brièvement le PDAM dont vous êtes le SG ?

A. Adghirni : Le Parti démocrate amazigh du Maroc a été créé le 31 juillet 2004 à Rabat après un travail de longue haleine après de longues années de lutte, nous avons pu franchir le pas, c’est une date historique qui marque la création du 1er parti politique amazigh au Maroc.

Quelles sont les principales revendications du PDAM ?

Notre parti a des revendications qui touchent à plusieurs domaines, économique, politique, social, etc. Le PDAM a son point de vue sur la réforme constitutionnelle, le répartition des richesse, les gisements miniers, les forêts, les ressources hydrauliques. Nous demandons le droit du peuple marocain à disposer de très bonnes conditions de vie. Aujourd’hui au Maroc, il y a la domination de cartels et lobbies sur l’économie et le monde n’est pas au courant de cela. Il y a presque 43 gisements miniers entre les mains de ces cartels. Le peuple n’en tire aucun bénéfice.

Quelles sont les raisons d’une telle situation ?

Comme tout le monde le sait, le Maroc est gouverné par un régime makhzenien qui ont hérité de beaucoup de privilèges et qui domine et empêche une répartition équitable des richesses.

Quelle est la situation des droits de l’Homme au Maroc ?

La domination makhzenienne continue de servir encore. Nous sommes en conflit juridique avec la ministre de l’Intérieur et il y a risque sérieux de dissoudre le PDAM, je fais appel au monde entier pour tenter d’empêcher cette cabale qui sévit contre nous.

Vous êtes partie prenante du CMA, comment se situe présentement le PDAM vis-à-vis du contrat de cette ONG :

Personnellement, je suis l’un des fondateurs du CMA en France, j’ai suivi le processus de progression de cette ONG. Aujourd’hui, on en est à la préparation du 5e congrès, sur fond de divergence, de conflit, de tendance.

Il y a un conflit sur le lieu du 5e congrès, moi personnellement, je suis intervenu pour soutenir les amis du CMA pour sortir de ce dilemme.

On est venu en Algérie avec une délégation du CMA pour contacter les associations et même les autorités algérienne pour expliquer la situation et faciliter la tenue du congrès.

Personnellement je dénonce l’arnaque et les tentatives de manipulation qui vise le CMA. Nous sommes à une étape avancée des préparatifs. Nous avons tenu une réunion hier à Béjaïa où les associations-qui dépassent la trentaine-ont fait une déclaration de soutien à la tenue du 5e congrès à Tizi-Ouzou. Nous avons espoir de le réussir.

Pour conclure, vous avez adressé une lettre à la Commission européenne-lui demandons de suspendre l’accord d’association de l’UE avec le Maroc, qu’en est-il au juste ?

Cet accord d’association entre l’UE et le Maroc a pour objectif essentiel la promotion effective de la démocratie et le respect des droits de l’homme. Au Maroc, l’on continue à pratiquer une politique d’apartheid anti-amazighe.

L’état marocain a commis de graves violations des libertés fondamentales contre des étudiants amazighs (Meknès, Errachidia, Agadir. ) Notre lettre fait échos au Maroc et en Europe car c’est une première du genre : Nous demandons en conséquence à M. Baroso, non seulement de geler immédiatement les négociations du « statut avancé.  » Sinon la suspension pure et simple de l’accord, jusqu’à ce que le Marco décide de respecter les principes démocratiques.

Entretien réalisé par A. Z.