Si la palme mondiale du gaspillage existe, sans nul doute que nous aurions été les leaders incontestables et incontestés. Sinon, comment expliquer que le pain, un des rares produits alimentaires à être encore subventionné par l’Etat, finisse, le plus souvent sa course dans les sacs poubelles?
Cette fâcheuse habitude à s’approvisionner en pain au delà de ses besoins de consommation, prend les allures d’une véritable norme pendant le Ramadhan, mois au cours duquel, les yeux se font plus gros que le ventre. Baguettes, couronnes, ficelles, pain-brioché, on y jette de tout.
Et à la pelle ! Le gaspillage lamentable est aussi pain béni pour le bétail, car avec la hausse des prix du son et de l’orge sur le marché, de nombreux éleveurs se sont rabattus sur le pain rassis qu’ils peuvent se procurer à moindre prix, souvent gratuitement. Dès lors, peut-on s’étonner que notre pays soit l’un des plus gros importateurs de blé ?
A quoi cela rime-t-il de mettre à contribution le Trésor public, donc le contribuable, pour soutenir un produit de base, certes, mais qui termine inéluctablement sa course dans les mangeoires ou les sacs à ordures ?
Une chose est sûre, le consommateur n’aurait plus de pain à jeter s’il le payait au prix coûtant. A condition bien sûr, que ses revenus soient indexés sur le coût de la vie.
Nacer Maouche
