Le livre scolaire, le Ramadhan, l’Aïd et le citoyen

Le chiffre d’affaires dépasse largement le milliard de centimes. Selon le chef d’antenne, Brahim Marzouk, détaché depuis 1995, cette antenne fonctionne tant bien que mal à cause du manque de moyens, de transport notamment et de personnel, surtout en ce début de l’année scolaire où les arrivages des titres sont successifs et la demande persistante. Pourtant, ajoute-t-il, l’entame de la diffusion se fait chaque année au mois de juin quand le livre est disponible, pour préparer l’année d’après afin de ne pas être pris de court ! En septembre, l’antenne procède juste à la distribution complémentaire des titres arrivés en retard. C’est le cas cette année où elle a reçu les cahiers d’activités et les manuels du cours préparatoire d’une valeur de 150,00 DA distribués gratuitement aux enfants. Voila qui va réjouir les parents en proie à d’innombrables dépenses, notamment en cette période de Ramadhan, et bientôt l’Aïd sans oublier les trousseaux de la rentrée scolaire ! A titre illustratif, rien qu’au niveau du primaire, les manuels scolaires coûtent les yeux de la tête et varient, selon les niveaux, de 1 000 à 1 850 DA ! Heureusement, cette année, les nécessiteux et les enfants de la famille éducative reçoivent leurs lots de livres gratuitement quel que soit le nombre d’enfants scolarisés. Une initiative favorablement accueillie par la communauté éducative dont le pouvoir d’achat a fortement chuté à cause de la dure conjoncture que traverse le citoyen en ces moments de dépenses onéreuses et incontrôlées. M. S, enseignant de son état, résume bien la précarité des salariés : «La cherté de la vie et les multiples dépenses auxquelles nous faisons face nous ont complètement achevés ! Nous roulons sur les gentes ! La paye ne tient que 15 jours tout au plus et ce en temps normal ! L’aumône est licite pour nous les fonctionnaires», ajoute-il ironique mais qui en dit long sur la dure situation des salariés moyens ! Entre le livre scolaire, le Ramadhan et l’Aïd, le citoyen moyen est sommé de choisir le moindre mal pour survivre jusqu’à la prochaine… paye qui est déjà mise en gage ! A l’horizon, se pointe un autre événement qui lui donnera le coup d’estocade : la fête du mouton !

Cela fait froid dans le dos du pauvre citoyen qui a pourtant … bon dos.

B. Hakim