La situation affecte particulièrement les nouvelles étudiantes. Les jeunes qui se sont adressés à nous sont désorientés. « Pour des raisons qui nous échappent, nous sommes ballottés depuis la proclamation des résultats du bac. Les décisions d’attribution des chambres devaient être remises aux concernés au début du mois de septembre. » A la date indiquée les étudiants sont renvoyés, notamment les nouvelles résidantes de M’Douha et de Oued Aïssi, à une date ultérieure. « Après l’Aïd », a-t-on dit à certains. Le quatre octobre, jour de la rentrée officielle, on leur apprend qu’il faut encore attendre. Pour le moment rien ne se dessine, surtout qu’aucune information ne vient les réconforter quant à leur avenir estudiantin. A certains on donne rendez-vous verbalement pour le 15, à d’autres le 18 ou encore le 20 octobre. Sans interlocuteur ni affichage officiels, les concernés, dont de nombreuses filles sont réduits à quémander des informations à droite et à gauche et sont le moins qu’on puisse dire « déboussolés », surtout qu’il s’agit de nouveaux étudiants non encore habitués aux méandres de l’administration. En attendant, les étudiants d’Iferhounene, de Aïn El Hammam et d’autres régions aussi éloignées font le bonheur des transporteurs de fourgons. Les dépenses quotidiennes qui dépassent les deux cent dinars et tous les tracas font dire à une étudiante : « Je regrette d’avoir été admise au bac. » On leur refuse même de loger temporairement chez des amies déjà installées. « Avant de commencer mes études, je goûte déjà à ce que sera ma vie estudiantine. » Les commentaires des anciens ne vont pas dans le sens des encouragements. Comme pour se mettre en évidence, ils narguent volontiers ces petits débutants. « Vous n’avez encore rien vu », dira l’un d’eux qui semble rompu aux difficultés de l’université. La question de savoir si ces étudiants vont être logés un jour, se pose avec acuité aux parents qui partagent l’inquiétude de leurs filles qu’ils doivent conduire à la station des fourgons de la ville à la première heure chaque jour. Il paraît que cette cocasse situation durera jusqu’à ce que les anciens soient revenus pour que l’administration soit fixée sur ses capacités d’hébergement. Ce n’est qu’à partir de là qu’on recensera les places vides pour les attribuer aux nouveaux, comme si ces derniers étaient des étudiants d’un deuxième collège. Que fera-t-on d’eux s’il ne reste pas de places ? « On nous enverra peut-être à Chlef ou Sidi Bel Abbès ou une autre wilaya où il y a des places », nous dit, inquiète une jeune fille de Michelet.
A. O. T.
