Il faut dire aussi que les matériaux de construction utilisés pour ces bâtisses ne permettaient pas l’érection de grands buildings. Toujours est-il que la plupart des maisons sont debout depuis près d’un siècle. Le temps a, tout de même, fini par faire son effet comme en témoigne l’état de décrépitude dans lequel se trouve l’ensemble des locaux. De nombreuses bâtisses penchent dangereusement, menaçant de s’effondrer à la moindre secousse, comme c’est le cas du côté de la place du marché. Des lézardes béantes apparaissent à divers endroits.
Ce qui ne laisse aucun doute sur l’état des lieux. Les locataires, des commerçants, dans leur majorité, ne cessent de rafistoler les murs pour allonger la vie de ces tas de pierres, minés par le temps et le glissement de terrain qui affecte toute la ville. Même si la menace d’effondrement paraît évidente, les occupants ne sont pas pressés, à juste titre d’ailleurs, de quitter les lieux. Que feront-ils si leur boutique venait à être détruite ?
La réalité est toute simple et triste pour eux. Ils savent qu’ils ne peuvent pas espérer de local en compensation et que par conséquent ils seront réduits à changer d’activité ou sombrer dans le chômage. Les propriétaires des murs, quant à eux, mesurent la gravité de la situation mais ne peuvent mettre dehors leurs locataires qui paient leurs loyers, périodiquement. Tous, cependant, doivent se rendre à l’évidence que pour leur sécurité et celle des citoyens, certaines bâtisses doivent être démolies. Une tâche peu aisée que sont appelés à exécuter les propriétaires ou les autorités sur propositions des services techniques qui viennent de recenser, il y a quelques jours, les constructions dangereuses. Il faut, cependant, rappeler que si des autorisations de démolir peuvent être accordées à ceux qui en font la demande, il n’en est pas de même pour les permis de construire.
En effet, lors de sa visite, le wali de Tizi Ouzou avait demandé de surseoir à toute construction dans le périmètre urbain, sujet au glissement de terrain. Si le vieux bâti qui occupe une grande partie de la ville venait à être démoli, le tronçon reliant la place du marché à la mairie, sur près d’un kilomètre, risque dans un proche avenir, de se retrouver en ruines, et voué aux détritus.
A. O. T.
