Un engin de travaux publics a été dépêché, samedi dernier, à la Cité coloniale pour procéder à la destruction des maisons libérées par leurs occupants, recasés ailleurs par la daïra. Ce sont pas moins de trois carrés, représentant une douzaine d’habitations qui sont recensées pour faire l’objet de démolition. Sur place, l’engin destructeur a été stoppé dans son élan par un habitant qui n’avait pas quitté les lieux, contrairement à ce qu’on aurait pu croire. Issus d’une famille nombreuse, il ne voulait nullement se laisser déloger et rejoindre les siens dans un appartement trop exigu pour autant de personnes. Renseignement pris, il parait que la démolition a été hâtée, suite aux nombreuses plaintes des voisins de cet ensemble d’habitations de peur qu’elles ne soient squattées et ne génèrent des nuisances. Leurs locataires ont fait l’objet de recasement à la cité Sidi-Ali-Ouyahia, il y a quelques mois, lors de la distribution de la dernière tranche de logements sociaux. Cependant, la quinzaine des heureux bénéficiaires ne représente que la moitié des mal-logés de ce bidonville. Ces familles nombreuses vivent le calvaire quotidiennement dans ces habitations d’un autre âge où les maladies, dues à l’insalubrité, n’ont épargné ni les enfants ni les adultes. Si les trois premiers carrés ont été libérés et voués à la destruction, les trois restants, demeurent une épine dans le pied des autorités qui doivent reloger leurs occupants en priorité.
La promesse de mettre fin à ce taudis ne doit pas rester un vœu pieux dans le but d’apaiser les esprits d’éventuels protestataires. Signalons que « La cité » comme on l’appele à Michelet, date de la colonisation. Construites avec de la brique, sans armature métallique, les habitations destinées à l’époque à loger provisoirement des militaires, sont devenues avec le temps des taudis occupés par de pauvres gens qui n’ont d’autre choix que ces baraques. Les conditions de vie qui y prévalent, ont attiré l’attention des autorités, particulièrement, l’ancien chef de daïra, qui a procédé au recasement d’une dizaine de familles, en attendant de résorber tout cet habitat, devenu une honte pour Aïn El Hammam (ex-Michelet). Une fois les maisons détruites, il y a lieu de se demander quelle sera la destination de l’assiette récupérée. Cette dernière, disent les anciens, appartiendrait au village limitrophe d’Aït Sidi Saïd qui en aurait été exproprié par l’armée française. De toute façon il n’est guère question de reconstruction sur les lieux, tant que des études de terrain, tel que préconisé par le wali, ne seraient pas terminées.
A. O. T.
